France

Conjoncture

Inflation : les ETI redoutent "un mur énergétique" en 2023

Par Pierrick Lieben, le 30 septembre 2022

Les ETI restent solides dans la tempête. Mais jusqu’à quand ? Les entreprises de taille intermédiaire sont de moins en moins à l’abri de l’inflation et de la crise énergétique, d’après le dernier baromètre du Meti. Au point d’envisager sérieusement de réduire leur activité pour alléger leurs factures.

Les hausses de prix de l’énergie pourraient faire des étincelles dans les ETI en 2023.
Les hausses de prix de l’énergie pourraient faire des étincelles dans les ETI en 2023. — Photo : Baptiste Deschamps

Il n’y a pas que les TPE-PME qui souffrent de la conjoncture. Les ETI aussi commencent à vaciller sous l’effet cumulé de l’inflation, la crise énergétique et les problèmes d’offre. En septembre, ces entreprises de taille intermédiaire (comptant 250 à 5 000 salariés) sont 44 % à déclarer subir une dégradation de leur trésorerie depuis un an (+15 points en trois mois !), selon un baromètre du Meti et de la Banque Palatine, réalisé du 7 au 15 septembre, auprès de 1 200 d’entre elles (à majorité actives dans l’industrie).

Leur rentabilité montre aussi des signes de faiblesse : 40 % des répondants pensent avoir réussi à l’améliorer au premier semestre (par rapport à la même période de 2021), contre 32 % qui l’ont vue se détériorer. L’écart entre ces deux proportions était six fois plus élevé en mars, lorsque les dirigeants avaient été interrogés sur leur performance de fin 2021.

Et pourtant, tout ne va pas si mal dans les ETI. Les trois quarts affirment avoir encore réalisé, au printemps, un meilleur chiffre d’affaires qu’un an auparavant (c’était 3 points de moins pour le premier trimestre). Les projets d’investissement se poursuivent, qu’il s’agisse de croissance organique (66 % en ont lancé en 2022, +6 points en trois mois) ou externe (55 %, +2 points). Et pour cause : la confiance de ces patrons dans les perspectives de leur entreprise à six mois s’est à peine érodée cet été (62,7 % sont optimistes, -0,6 point).

Les ETI prêtes à ralentir leur production, si nécessaire

Problème : "L’année 2023 se présente comme un saut dans l’inconnu pour un grand nombre d’entreprises", prévient l’étude. La faute, d’abord, à la crise de l’énergie : la moitié des ETI anticipe ainsi un doublement de leurs factures l’année prochaine (comparé à leurs dépenses de 2021) ! Et si la flambée des cours du gaz, de l’électricité et du pétrole ne retombe pas, 53,5 % des ETI envisagent tout simplement de diminuer leur activité, 7 % de l’arrêter. Le coprésident du Meti Frédéric Coirier va jusqu’à évoquer "un mur énergétique" en 2023.

Mais là ne sera pas le seul défi à relever pour ces entreprises. Comme les TPE-PME, leur production reste entravée par de multiples obstacles : 47 % se disent encore "beaucoup concernées" par des problèmes d’approvisionnement et de pénuries, 70 % par les difficultés de recrutement, 73 % par les hausses de prix des matières premières, en plus de celles de l’énergie. Or, pour y faire face, elles plébiscitent, à une écrasante majorité (85 %) la même solution : augmenter le prix de vente de leurs propres produits.

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