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Bpifrance affiche un bilan semestriel portant la "marque de la crise"

Par Philippe Flamand, le 23 septembre 2020

La banque publique d’investissement Bpifrance n’a pas ménagé son soutien aux entreprises dès les premiers jours de la crise sanitaire du Covid-19. Son bilan d’activité au premier semestre le prouve avec un triplement des prêts octroyés sans garantie aux entreprises et un doublement des prêts et aides à l’innovation.

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance
Nicolas Dufourcq directeur général de Bpifrance, lors du bilan d'activité du premier semestre 2020 de la banque publique d'investissement le 22 septembre. — Photo : Philippe Flamand

Nicolas Dufourcq est somme toute plutôt optimiste à mi-parcours du second semestre de l’année 2020, marquée à jamais par la pandémie de Covid-19. Le directeur général de Bpifrance estime que les entreprises françaises ont fait la preuve de leur forte résilience à l’heure d’une reprise « en V » qui se concrétise, sauf dans quelques zones d’ombre comme l’aéronautique, l’hôtellerie parisienne et les petits commerces de centre-ville. Tout au plus les dirigeants d’entreprises ont-ils peur d’un raidissement sanitaire qui ruinerait les efforts accomplis.

Et des efforts il y en a eu depuis sept mois et le déclenchement des hostilités infectieuses, Bpifrance s’étant immédiatement positionnée en première ligne. Du coup, le bilan d’activité de la banque publique d’investissement au premier semestre est pour le moins atypique avec un triplement de ses prêts octroyés sans garantie et un doublement des prêts et aides à l’innovation accordés aux entreprises dans le contexte de la crise et du confinement. « La mobilisation exceptionnelle des salariés de Bpifrance a permis de (répondre) dès le mois de mars […] à la crise de trésorerie des entreprises, tout en maintenant un niveau d’activité très élevé dans nos métiers traditionnels », s’est félicité Nicolas Dufourcq.

500 millions d’euros de demandes nouvelles de PGE chaque semaine

Un « premier semestre (qui) porte la marque de la crise », note le patron de Bpifrance, en pointant notamment le dispositif phare du plan d’urgence déployé par l’État, le prêt garanti par l’État (PGE), dont Bpifrance opère la garantie. Au total, près de 540 000 entreprises en ont bénéficié au premier semestre pour un montant total de 94 milliards d’euros, porté à 106 milliards d’euros depuis le 30 juin et qui atteindra 120 milliards d’euros d’ici la fin d’année au rythme actuel de 500 millions d’euros de demandes nouvelles chaque semaine. Des demandes portées par l’attractivité des taux d’intérêt à moyen terme (moins de 2 %) accordés par les banques. La question se pose désormais de savoir si ce dispositif, plafonné initialement à 300 milliards d’euros, sera reconduit en 2021, sous réserve de l’accord de Bruxelles, et alors que de nombreuses entreprises n’y ont recours qu’à titre conservatoire dans leurs comptes, pour étoffer leur trésorerie par précaution, sans dépenser.

Bpifrance, « première fintech française »

Pour assurer les entreprises de son soutien au plus fort de la tourmente, Bpifrance a également utilisé toute sa panoplie d’interventions : financements directs en forte croissance (9,4 milliards d’euros dont 2,5 milliards d’euros de prêts sans garantie « spécial crise » soit l’équivalent, en moins de trois mois, de la réalisation d’une année de production classique) ; prêts et aides à l’innovation (880 millions d’euros, +94 %) ; soutien de l’écosystème de la French Tech, poursuite de la dynamique de l’investissement direct en capital innovation (269 millions d’euros, + 65 %).

Une action menée également de front avec les Régions pour la mise en place de Prêts-Rebond à taux zéro. « Une révolution mise en œuvre avant le PGE qui a notamment ciblé les TPE avec de petits montants immédiatement accessibles en ligne sur une plateforme dédiée, qui a profité à 3 600 entreprises au premier semestre avec en moyenne 800 prêts accordés par jour », souligne Nicolas Dufourcq, qui estime que Bpifrance est ainsi devenue la « première fintech française ». Fin 2020, l’enveloppe globale des prêts Rebond devrait atteindre 800 millions d’euros dont 300 millions en digital (contre 406 M€ de prêts accordés au premier semestre à 6 334 entreprises).

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