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Le Comptoir irlandais : La caverne celte d'Ali Baba

Par la rédaction, le 02 avril 2010

Le Comptoir irlandais est devenu un business connu et reconnu avec sa quarantaine de boutiques à travers la France. Le concept: vendre des produits des pays et régions celtes en misant sur leur capital sympathie. Pour éviter tout essoufflement, le réseau réorganise régulièrement ses points de vente. Armelle Gegaden
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Depuis 1987, le Comptoir irlandais mise sur l'image de sympathie des pays celtes pour vendre textile, whisky, nourriture et cadeaux. Un concept né à Brest qui s'incarne dans un réseau de 22 magasins en propre et 21 en concession à travers la France. Soixante-dix salariés en CDI, 50 saisonniers, un chiffre d'affaires moyen de 300 K€ par magasin: la petite épicerie du port de commerce de Brest fondée par la famille Fournier, est devenue un joli business. «Il a su perdurer grâce au renouvellement régulier de son offre», analyse Jacques Omnès son P-dg. À soixante ans, le Brestois tient la barre de la holding Parc Import, propriétaire de 100% des parts du Comptoir irlandais et de Fourniership, une société brestoise de 5M€ spécialisée dans l'avitaillement des navires en nourriture et denrées divers. À l'origine, il n'y avait qu'une société. Celle de la famille Fournier, qui au lendemain de la première guerre mondiale, avait créé une affaire d'avitaillement. Entre autres activités, une petite épicerie, transformée à la fin des années 80 en négoce de produits d'origine celte. Une petite pépite... En 1991, la famille Fournier cède Fourniership au financier Gérard Madec. Son idée: développer une franchise. Recruté pour gérer le département avitaillement, Jacques Omnès entre alors en scène. C'est un professionnel du secteur maritime qui a fait ses armes comme commercial chez Fourniership, puis Bellion Marine et Anza France à Lorient. Alors que le Comptoir irlandais est juridiquement créé et scindé de Fourniership, les affaires ne vont pas fort. L'entreprise n'arrive pas à rembourser la dette du LBO. En cause la crise de la pêche. Ce qui engendre un nouveau bouleversement du capital. Jacques Omnès, Dominique Busson et Michel Boisnard reprennent l'ensemble des parts. En 2000, ce dernier revend sa participation à Jacques Omnès qui veille désormais en actionnaire majoritaire sur la holding Parc Import.




Concept évolutif

Depuis cette époque, le Comptoir irlandais se développe lentement mais sûrement. «Pas facile de trouver des emplacements dans les villes et des concessionnaires qui tiennent la route. D'autant que le concept est évolutif et requiert une certaine adaptabilité», explique Jacques Omnès. Le dirigeant a réalisé un important travail sur l'animation commerciale et l'agencement des points de vente, ces deux dernières années. Des nouveautés ont d'ailleurs été testées à Nancy l'été dernier, dans le but de les déployer ailleurs. Éclairage extérieur repensé, lignes plus modernes, logo relooké, nouvelles couleurs... Objectif: rafraîchir la marque et améliorer la cohérence de l'offre. En l'espace de quelques années, le Comptoir irlandais est passé d'un concept de supérette en self-service à celui d'une boutique avec des espaces bien délimités. «Désormais, chaque type de produit -whisky, alimentation, cadeaux, textile- dispose d'une zone bien à lui», détaille ce grand Brestois à l'allure d'Irlandais. Le chantier s'est accompagné d'une nouvelle structuration commerciale et de la création d'un showroom de 50m² dans les locaux du siège, à Plouédern. On y teste les collections, leur disposition dans la boutique. «Nos concessionnaires sont libres de ne pas suivre nos recommandations même si c'est fortement conseillé...», glisse Jacques Omnès, sûr que le concept est loin d'être éculé. Témoin, la courbe de progression du magasin de Brest (800K€ de CA), le plus ancien de tous, qui continue de traverser les années et les crises. «Il prouve que le Comptoir irlandais ne s'est pas essoufflé malgré les soubresauts. Et ça, c'est parce que nous avons su évoluer.»

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