Bordeaux

Financement

Solylend, le petit Poucet de la finance solidaire

Par Jean Berthelot de La Glétais, le 25 avril 2019

La plateforme de financement participatif Solylend a levé 1,4 million d'euros pour entretenir sa croissance. Après avoir financé une dizaine de projets en deux ans en Afrique, la start-up bordelaise se met à soutenir des initiatives françaises. 

Une partie de l'équipe de Solylend, plateforme de financement participatif.
Solylend compte aujourd'hui 12 salariés et va recruter de nouveaux collaborateurs dans les mois à venir. — Photo : Solylend

Combiner épargne éthique et placement fructueux, voilà le credo de Solylend depuis sa création en mai 2017. La plateforme de financement participatif bordelaise, dédiée aux projets liés au développement durable, vient de lever 1,4 million d'euros, auprès d'acteurs locaux, pour poursuivre sa croissance. Sans rien perdre de ses valeurs, instaurées par son fondateur, Nicolas Pereira.

Né à La Teste-de-Buch il y a 27 ans, le jeune homme a longtemps vécu à Salles, près du bassin d’Arcachon. « La proximité avec la forêt, c'est ce qui explique que j’ai gardé une connexion très forte avec la nature, qui justifie en partie mes engagements », décrit-il. Dans le cadre de ses études, puis de son début de vie professionnelle, Nicolas Pereira a ensuite voyagé dans une quinzaine de pays d’Afrique. Il y a acquis une conviction : « Pour répondre aux enjeux de développement durable des pays du Sud, il est nécessaire de mobiliser ceux du Nord », plaide-t-il.

Une installation solaire pour 5 000 personnes

Ce qui aurait pu rester au stade des bonnes intentions se transforme en acte : Solylend naît et permet de financer très rapidement des projets concrets. « Le premier d’entre eux est aussi, sans doute, l’un des plus emblématiques. Parmi les thèmes qui nous tiennent à cœur, il y a celui de l’accès à l’énergie, en particulier à l’électricité. En Europe, c’est la norme. En Afrique, c’est encore une exception et un luxe, notamment dans les campagnes », détaille Nicolas Pereira.

« Piles, lampes à pétrole et autres systèmes permettant de s’éclairer ou de fournir du courant peuvent être dangereux et sont surtout onéreux – un dollar par jour en moyenne. En levant 100 000 euros, nous avons contribué à les remplacer par un système de production d’électricité solaire. Cette installation a bénéficié à 5 000 personnes. Elle a été remboursée en deux ans et les prêteurs ont été rémunérés à un taux de 5 % », explique le dirigeant de Solylend.

Éoliennes et scooters électriques

Un rendement particulièrement attractif, dans la moyenne de l’ensemble de ceux de Solylend, variant de 2,5 % à 7 %. « Ils récompensent une prise de risque, puisqu’ils ne sont pas garantis », poursuit le fondateur de la plateforme Solylend. Laquelle n’a, pour l’heure, eu à déplorer qu’une seule défaillance, sur laquelle elle est tout de même parvenue à rembourser les prêteurs. Après avoir financé une dizaine de projets en deux ans dans les pays du Sud, Solylend commence désormais à soutenir des initiatives françaises. Parmi celles-là, le préfinancement d’un parc de quatre éoliennes dans la Vienne avec le béglais Valorem, ou encore l’arrivée à Bordeaux de Yego, les scooters électriques en libre service.

C’est pour poursuivre son développement commercial que Solylend a levé des fonds, notamment en pérennisant les douze emplois existants et en recrutant dans les semaines et les mois à venir. « De plus en plus, les gens ont envie de donner du sens à ce qu’ils font, et notamment à leur épargne », conclut Nicolas Pereira. Solylend a pour ambition de contribuer à financer 4 millions d'euros de projets en 2019.

Une partie de l'équipe de Solylend, plateforme de financement participatif.
Solylend compte aujourd'hui 12 salariés et va recruter de nouveaux collaborateurs dans les mois à venir. — Photo : Solylend