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Commerce

La recette d'Ô Sorbet d’Amour pour exporter ses glaces artisanales

Par Valérie Defournier-Smith, le 07 juin 2018

Ô Sorbet d’Amour, célèbre glacier du bassin d'Arcachon (Gironde), continue son développement à l'international. Après le Portugal, l'Espagne ou le Qatar, l'entreprise rêve de mettre un pied sur le marché chinois.

Le glacier O Sorbet d'Amour, né au Moulleau (Gironde) en 1935, s'est développé en France et en Europe grâce à son réseau de franchisés. — Photo : O Sorbet d'Amour

« Une vieille dame de 80 ans à laquelle il a fallu donner un esprit start-up ». C'est le portrait que brosse Pascal Hamon, directeur général d'Ô Sorbet d'Amour (22 salariés, 3 M€ de CA en 2017), quand on lui demande de décrire sa PME. Lorsqu’« Au cornet d’amour » (son premier nom) voit le jour en 1935, la marque fabrique et commercialise des glaces artisanales. Marguerite Simonin décide de l’implanter dans le quartier du Moulleau, à Arcachon (Gironde). Rapidement, le succès est au rendez-vous, le glacier devient une institution. En 1985, Olivier de Labarre rachète le glacier et décide d'ouvrir des boutiques à Bordeaux, Toulouse ou encore au Cap-Ferret.

Alors que la maison fête ses 80 ans, le propriétaire depuis 30 ans cède l'enseigne à Pascal Hamon, issu du monde de la restauration. Ce dernier conserve l'ensemble de l’effectif (une dizaine de personnes), notamment Philippe Viricel, maître artisan glacier, et les sept boutiques existantes. Le nouveau propriétaire s'attache alors à rafraîchir l'image de l'enseigne. Une nouvelle identité graphique et un nouveau concept d’agencement de magasins sont imaginés. De quoi accélérer le développement de son entreprise. Pour cela, il mise sur un réseau de franchises dans toute la France. Le chef d’entreprise breton a à cœur de conserver ce qui a fait le succès de la marque depuis sa création : « un produit 100 % artisanal ».

Une glace artisanale gastronomique

Au cœur du site de production de 500 mètres carrés à La Teste-de-Buch (Gironde), 105 parfums sont ainsi élaborés avec des recettes tenues secrètes. « Les sorbets contiennent en majorité jusqu’à 60 % de fruits et pas une purée de fruits », insiste Pascal Hamon, passionné de gastronomie pour qui « le goût est au cœur du succès de l’enseigne ».

Épaulé par le chef étoilé François Adamski, Pascal Hamon crée Le Club des Grands Chefs. Tous les trois mois, une nouvelle recette réalisée par un chef étoilé ou un Meilleur ouvrier de France est proposée. Des chefs prestigieux tels que Michel Roth, Laurent Delarbre ou encore David Capy donnent à Ô Sorbet d’Amour des atours gastronomiques. Un franc succès : la petite entreprise cumule les prix - « Meilleure Glace de l’année 2017 et 2018 », « Espoir des Réseaux de franchises & de partenariat par IREF », « Saveur de l’Année 2018 » - et apparaît même dans le guide Gault & Millau 2018.

Hausse de 37 % du CA en trois ans

Et cela se ressent sur les comptes. Le chiffre d’affaires passe de 1,7 million d’euros en 2014 à 3 millions en 2016 (+ 37 %), l’année de son entrée en Bourse. Pour accélérer sa croissance, après l’ouverture de nombreuses nouvelles franchises en France, Ô Sorbet d’Amour a donc décidé de s’internationaliser : le Portugal, l’Espagne ou le Qatar figurent parmi les pays où le glacier s’est installé. D’autres implantations sont envisagées : « nous espérons toucher le marché chinois, pays dans lequel il y a une forte appétence pour ce produit, synonyme de bonheur », croit savoir Pascal Hamon.

Le glacier O Sorbet d'Amour, né au Moulleau (Gironde) en 1935, s'est développé en France et en Europe grâce à son réseau de franchisés. — Photo : O Sorbet d'Amour