Gironde

Aéronautique

Comment Air Marine prépare le décollage de ses drones

Par Astrid Gouzik, le 18 mai 2018

Un chiffre d'affaires en croissance, 12 recrutements en 2017, un rapprochement avec la start-up Alerion, une introduction en Bourse... tout semble sourire à la PME girondine Air Marine. Le spécialiste des opérations par drones et par avions prépare depuis plusieurs années la transition de son modèle vers la surveillance automatique. 

Gilles Olichon, PDG et fondateur d'Air Marine, mise sur les drones pour préparer l'avenir de sa PME. — Photo : Astrid Gouzik/JDE

Le business plan est solidement ficelé. Aucun vent contraire ne semble pouvoir faire dévier la trajectoire d'Air Marine, spécialiste des opérations de surveillance par drones et par avions. La PME basée à Léognan (Gironde) veut multiplier son chiffre d'affaires par 10 en cinq ans, soit passer de 2,2 millions en 2017 à 22,9 millions en 2022. Le principal générateur de revenus dans cette projection : son activité drones - qui a rapporté 403 000 euros en 2017 (soit moins de 25 % du CA total) - devrait atteindre 16,7 millions de CA en 2022. Elle prendrait ainsi le dessus sur sa business unit historique, l'exploitation des avions, qui n'a pourtant pas à rougir des 20 % de rentabilité atteints en 2017.

Fusions en cours

C'est pour développer son activité drones qu'Air Marine a décidé de mettre les bouchées doubles. Première pierre à l'édifice : le rapprochement avec la start-up nancéenne Alerion, annoncé fin janvier. Avec cette opération de filialisation, Alerion devient l'aile R&D de l'entreprise girondine. Sa patronne Anne-Sophie Didelot prend d'ailleurs la tête de l'innovation chez Air Marine. Dans ses cartons, un projet de drone capable d'amerrir et d'effectuer des prélèvements pour contrôler la qualité de l'eau. Un marché sur lequel Air Marine, qui s'est plutôt spécialisé dans la surveillance de pipelines de gaz, ne s'est pas encore positionné. 

« D'autres fusions sont en préparation, il y en aura au moins une autre en 2018 », assure Gilles Olichon, fondateur et PDG d'Air Marine. Et pour cause, le mouvement de consolidation du secteur des drones n'a pas pu échapper à la PME. En témoigne le rachat du constructeur Flying Eye par l'opérateur Azur Drones, permettant à ce dernier de maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'assemblage à l'analyse des données. Et plus récemment l'acquisition du nantais Pixiel par le lyonnais Delta Drone. De quoi donner des idées à Air Marine ? Le business plan prévoit que l'activité « conception, intégration et maintenance » des drones gonfle significativement. De 10 000 euros de CA en 2017, elle doit atteindre plus de 5 M€ en 2022. 

Un réseau de licenciés

Pour densifier sa présence sur l'ensemble du territoire, Air Marine déploie un réseau d'opérateurs sous licence de marque. « Nous formons des pilotes pour qu'ils puissent faire un peu de traitement de données, nous les formons également sur la partie commerciale », détaille Gilles Olichon. Moyennant 25 000 euros et 6,5 % de leur chiffre d'affaires, les licenciés de marque se voient octroyer un territoire sur lequel ils pourront aller chercher des clients.

« Aujourd'hui, nous acceptons toutes les missions. S'il faut aller à Dunkerque, nous y allons même si ce n'est pas rentable. Sinon, on ne rentre pas sur le marché », explique Gilles Olichon qui espère avoir recruté 5 licenciés d'ici à la fin de l'année. « Nous préparons ce développement depuis plusieurs années », précise-t-il. Les lourds investissements, en R&D notamment, ont pesé sur les comptes de l'entreprise qui affiche une perte de 700 000 euros pour 2017 mais entend bien retrouver l'équilibre en 2019. 

Gilles Olichon, PDG et fondateur d'Air Marine, mise sur les drones pour préparer l'avenir de sa PME. — Photo : Astrid Gouzik/JDE

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