Gironde

Vin

Témoignage Château Bichon Cassignols : « Avec le bio, on subit moins le marché »

Par Anne Cesbron, le 15 mars 2019

À La Brède, au sud-est de Bordeaux, le Château Bichon Cassignols de Jean-François Lespinasse (un couple exploitant et 2 salariés, 300 000 euros de chiffre d'affaires) produit entre 40 000 et 60 000 bouteilles sur 12,5 hectares, en appellation des Graves. Il témoigne de ce qui a changé pour son exploitation depuis qu'il s'est converti au bio en 2008.

Jean-François Lespinasse et son épouse, exploitants du Château Bichon Cassignols, à La Brède (Gironde)
Après une série d'années difficiles, Jean-François Lespinasse, du Château Bichon Cassignols, à La Brède, a pris le virage du bio en 2008. — Photo : Anne Cesbron

« Je me suis installé en 1981 et converti au bio en 2008, notamment parce que le vignoble est en zone suburbaine, avec une cinquantaine de maisons autour. Avant le passage en bio, notre chiffre d'affaire était réalisé aux 4/5e avec le négoce. Nous conservions une petite partie, plus lucrative, de notre production que l'on vendait en bouteilles aux clients. Après les épisodes de 1991, de 1997 et l'effondrement des prix qui s'est poursuivi dans les années 2000-2002, notre entreprise n'était plus rentable.

La viticulture bio, un nouveau métier

Avec le passage en bio en 2008 j'ai progressivement découvert un nouveau métier. Les repères n'étant plus les mêmes, nous devions revoir nos méthodes de travail, nous former, nous faire conseiller... Il a fallu aussi que j'enfile la casquette de commercial, et le label AB facilite les contacts. On peut mieux défendre ses produits, car il y a un phénomène de rareté, alors qu’en conventionnel, on subit le marché. Aujourd'hui, nous réalisons 23 % de notre chiffre d'affaires à l'export, 33 % auprès des cavistes, 15 % auprès des centrales spécialisées (Biocoop, Bio C Bon) et 25 % en direct.

Mais l'insécurité climatique, couplée à la problématique phytosanitaire, nous rend plus fragiles. Pour les jeunes qui souhaitent s'installer sur une petite ou moyenne surface, je pense que le bio est aujourd'hui la seule façon pour vivre correctement. Dans le système traditionnel, ils seraient condamnés. » 

Jean-François Lespinasse et son épouse, exploitants du Château Bichon Cassignols, à La Brède (Gironde)
Après une série d'années difficiles, Jean-François Lespinasse, du Château Bichon Cassignols, à La Brède, a pris le virage du bio en 2008. — Photo : Anne Cesbron

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.

Poursuivez votre lecture