Rhône

Innovation

Le bureau d'ingénierie Greenmot prend le virage de la transition écologique

Par Audrey Henrion, le 02 juillet 2021

Le bureau d’ingénierie créé il y a 10 ans par Stéphane Londos présente le fruit d’un investissement majeur de plus de 10 millions d’euros : des cellules climatiques pour tester la consommation des véhicules. Ce nouvel outil doit lui permettre de multiplier par 2 son chiffre d’affaires d’ici 4 ans.

Greenmot, fondé par Stéphane Londos (photo), teste le comportement des véhicules en cellule climatique avant de les confronter au réel.
Greenmot, fondé par Stéphane Londos (photo), teste le comportement des véhicules en cellule climatique avant de les confronter au réel. — Photo : Audrey Henrion

Il fait 15° et le vent souffle en continu pulsé par une soufflerie XXL dans cette cellule climatique haute performance. Sur le tracteur routier équipé de dizaines de capteurs, des panneaux scellés au plafond six mètres plus haut reproduisent les rayons du soleil, tandis que "G-robot", au volant, simule le pilotage en conditions réelles avec le moteur pour grimper sur un sommet.
Bienvenue chez GreenMot, bureau d’ingénierie et centre d’essais pour tout type de véhicules. Ce 1er juillet à Villefranche-sur-Saône, plus de 150 clients visitent les deux nouvelles cellules climatiques conçues en interne. On y croise des grands comptes comme Iveco, Renault Trucks, des équipementiers comme Valeo ou Faurecia, des constructeurs de tracteurs agricoles, et bientôt peut-être des industriels du nucléaire et de l’aéronautique.

Objectif : 15 millions d’euros d’ici 4 ans

Un aboutissement pour son fondateur, Stéphane Londos, ingénieur motoriste passé par le groupe PSA et ancien responsable innovation chez Faurecia. L’homme clôt ainsi un cycle amorcé en 2010, année de la création de GreenMot à Écully (Rhône) désormais expatrié dans le Beaujolais, à Villefranche-sur-Saône. En 10 ans, GreenMot a embauché 60 personnes, dont 40 ingénieurs. La société pèse 7,5 millions d’euros en 2020. Objectif : atteindre 15 millions d’euros d’ici 4 ans grâce à cette activité "essai", pôle historique que complètent depuis peu les activités transfert de technologie et bientôt retrofit.

10 millions d’investissement

En 2018, lorsqu’a été décidé l’achat de cette ancienne usine textile pour installer deux cellules climatiques (en plus des deux premières), le chiffre d’affaires de 5 millions d’euros et le projet ont suffi pour convaincre des investisseurs de miser 10 millions d’euros. 2,5 millions d’euros ont été apportés par le FRI Auvergne Rhône-Alpes (géré par Siparex) et Carvest (Crédit Agricole Régions Investissement) en complément d’emprunts bancaires.

Ce tracteur routier est en phase d'essai dans la cellule climatique.
Ce tracteur routier est en phase d'essai dans la cellule climatique. - Photo : Audrey Henrion

L’enjeu de la réduction des émissions de gaz à effet de serre n’a pas échappé aux investisseurs, comme l’explique Marc Mortureux, directeur général de La Plateforme Automobile (PFA), association qui fédère 4 000 entreprises pour 155 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’homme expose le marché "gigantesque" qui se profile : "en 2019, la commission européenne avait décidé que l’émission de gaz à effet de serre des véhicules individuels devrait baisser de 37 % d’ici 2030. Mais le 14 juillet prochain, nous savons que cette même commission devrait proposer de passer de -37 à -50 voire -60 % d'émissions de gaz à effet de serre sur les véhicules neufs d’ici 2030 ! Aujourd’hui, et on l’a vu avec Renault qui veut passer à 90 % de véhicules électriques d’ici 2030, chaque euro non investi dans l’électrique est un euro perdu", proclame le directeur général, précisant que ces normes devraient assez vite concerner aussi les véhicules industriels.


Pour protéger sa technologie, qui séduit de plus en plus de clients d’Europe du Nord mais aussi du Japon, tous les développements et innovations de GreenMot sont 100 % maison. Ici, aucun brevet n’est déposé, le réseau informatique est bien protégé contre les intrusions et aucune donnée n’est mise sur un cloud. "Notre meilleure protection, c’est aussi d’aller vite. On passe de 100 % de véhicules thermiques vers une multitude d’énergies. Réinventer des outils, c’est justement ce qui nous distingue depuis 10 ans", souligne Stéphane Londos.

Greenmot, fondé par Stéphane Londos (photo), teste le comportement des véhicules en cellule climatique avant de les confronter au réel.
Greenmot, fondé par Stéphane Londos (photo), teste le comportement des véhicules en cellule climatique avant de les confronter au réel. — Photo : Audrey Henrion

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