Jane Sowden,
cogérante de l'Atelier Vert, producteur de graines germées à Mulhouse
Depuis que les graines germées ont été mises en cause dans l'intoxication à la bactérie E. coli, avez-vous repris la production?
Nous n'avons jamais arrêté la production. Au pire de la crise, nous avons produit à 20% de la normale.
Aujourd'hui, le niveau remonte doucement. Les clients commandent à nouveau. Notre carnet de commandes atteint entre 30 et 60% de son niveau habituel.
Avez-vous reçu des aides financières pour traverser cette crise?
Nous avons reçu zéro euro! Il y a eu des subventions pour les producteurs de salades, de tomates et de concombres, mais rien pour nous. Au niveau européen, les autorités ont déclaré qu'elles ne pouvaient pas donner d'aides financières car il n'existait pas de nomenclature pour les producteurs de graines germées. Nous avons trouvé une association de producteurs de graines germées pour établir des demandes groupées. Nous avons tapé à la porte de tous les échelons administratifs, jusqu'au président, Nicolas Sarkozy! Mais nous n'avons aucune réponse. Notre seul soutien a été celui de notre banque, la Banque Populaire.
Êtes-vous confiante pour l'avenir?
Oui, je suis confiante car, grâce au soutien de ma banque, de la MSA, de mes fournisseurs et de mes employés, nous avons réussi à sortir de la crise. L'avenir est prometteur car, avant la crise, le marché était en progression. La France par exemple, comparée aux États-Unis, reste un marché émergent pour nos produits. Je suis donc optimiste pour le futur. Mais je regrette les deux licenciements et le chômage partiel que j'ai dû mettre en place. Et je vais demander une prolongation du chômage partiel car le niveau de commandes n'est pas encore suffisant pour payer sept salariés à temps plein.
- TROIS QUESTIONS À