Quelles sont les implantations de Van Cleef & Arpels dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ?
Nous avons trois sites, à Lyon, dans la Drôme et dans le Puy-de-Dôme, qui emploient 260 personnes au total (NDLR : CA non communiqué). En 2017, nous avons repris notre sous-traitant lyonnais Joia, dont nous venons d’agrandir les locaux pour doubler sa superficie à 3 500 m2. De plus, nous avons ouvert deux autres ateliers, à Dorat, dans le bassin de la ville de Thiers (Puy-de-Dôme) et à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), en périphérie de Romans-sur-Isère. Les ateliers de Dorat et Châteauneuf, qui se déploient sur 1 100 m2 chacun, devraient eux aussi doubler leur taille courant 2025, avec l’objectif à terme d’atteindre à terme respectivement 5 200 m2 et 4 500 m2. Chacun de nos trois sites devrait à moyen terme employer minimum 250 salariés.
Pourquoi la maison Van Cleef & Arpels a-t-elle choisi la région ?
Nous voulions nous rapprocher de savoir-faire locaux proches des nôtres, comme celui de la coutellerie à Thiers (Puy-de-Dôme) et pour le travail du cuir, à Romans dans la Drôme. J’y ajouterai l’offre régionale de formation aux métiers de la joaillerie, que nous avons également développée en relation avec les écoles locales.
Enfin, nous voulions rester proches de notre atelier de Lyon, pour la facilité de liaison avec Paris, épicentre de la filiale française et Genève, où est implanté le siège de notre maison mère, le groupe Richemont.
Quels sont les signes qui vous encouragent à recruter ?
Nous constatons une augmentation de la demande pour nos produits, notamment avec l’accroissement de notre clientèle masculine. Les Jeux Olympiques de Paris ont par exemple suscité un engouement des jeunes pour le bijou Alhambra (NDLR : en forme de trèfle), porté par des athlètes pour se porter chance. Pour accompagner cette croissance, nous développons notre réseau de boutiques à l’étranger, avec l’ouverture de deux nouvelles boutiques au Pays Bas et au Vietnam.
Comment vous organisez-vous pour recruter et former dans la région ?
Face au manque de candidats et au risque de perte de certains savoir-faire, nous devons attirer des jeunes, des personnes en reconversion que nous formons. Nous avons noué des partenariats avec des écoles comme l’HEJ (Haute École de la Joaillerie) qui a ouvert un campus à Lyon, ou la SEPR (Lyon), du lycée professionnel Amblard de Valence (Drôme) qui propose plusieurs formations dans les métiers de la bijouterie et de la joaillerie.
Dans tous les cas, les jeunes diplômés et les personnes en reconversion passent systématiquement par les écoles intégrées à nos 3 sites régionaux pour apprendre les gestes maison.
Quelle était la vocation de votre exposition baptisée Mains en mains, à destination du public, organisée à Lyon fin 2024 ?
Van Cleef & Arpels a lancé en 2021 le programme "de Mains en mains" à destination des jeunes, des adultes en reconversion et du grand public. Cette année, dans le cadre de l’exposition éponyme à Lyon du 23 novembre au 1er décembre, nous avons accueilli des collégiens pour les familiariser à nos métiers, au dessin de bijou, au sertissage ou encore à la taille de pierre. L’idée est de planter des petites graines, qui pourraient un jour faire germer des vocations.
Aussi attirantes soient les créations du luxe dans les vitrines, le grand public peut avoir des difficultés à se projeter dans un secteur marqué par le goût du secret et de l’entre-soi…
Oui, d’où notre engagement pour faire valoir nos métiers, pour les rendre attractifs parce que nous avons besoin de recruter et de pérenniser des savoir-faire. Ce sont des métiers minutieux, exigeants mais qui ne sont pas solitaires. Ils sont concrets et ont du sens. La vie à l’atelier est faite de partages, de collaborations et d’entraide comme nous le montrons dans les animations proposées via "de Mains en mains".