Walter Schoch : Trait d'union de la logistique normande

Walter Schoch : Trait d'union de la logistique normande

Directeur général de Westerlund France, Walter Schoch est devenu en juin dernier le président de la filière logistique normande. Homme de défis, il s'est engagé pour LSN, comme tout au long de sa carrière, avec la volonté «de ne pas faire les choses à moitié!»

Lyonnais d'origine Suisse à la tête d'une filiale française d'un groupe Anversois fondé en 1903 par un capitaine Suédois... Walter Schoch avait probablement le profil idéal pour prendre la présidence de la filière logistique normande, ni trop Rouennais, ni trop Havrais! À l'heure où les Grands ports maritimes normands inscrivent à l'ordre du jour de leurs préoccupations la nécessité de créer des synergies nouvelles entre les deux places portuaires, le président de LSN (Logistique Seine Normandie) s'impose comme un trait d'union évident. Arrivé en 2004 chez le leader européen du traitement logistique des produits forestier, Westerlund, il règne aujourd'hui sur «100.000m² d'entrepôts et 2,5km de quais». Depuis le siège Rouennais de la filiale Française du groupe Anversois, il dirige «la première plateforme logistique de produits papetiers de France!» qui traite près de 700.000t à l'année. Natif de Lyon, il répète à l'envie que c'est «un peu par hasard» qu'il a débarqué en Normandie en 1997. «Un concours de circonstances», un de plus, comme tous ceux qui émaillent son parcours professionnel et qui le mèneront depuis sa sortie de l'École Technique des Transports en 1984 jusqu'à la direction générale de Westerlund France.




Plusieurs cordes à son arc

S'il a choisi la logistique, «c'est parce que les formations, à l'époque, garantissaient un emploi derrière», si bien qu'il quitte son école avant même d'avoir bouclé son cursus. Embauché dans une entreprise familiale de transport de Macon, rapidement il s'interroge sur ses perspectives d'avenir «dans une société dont j'étais le seul salarié étranger à la famille!» Après quelques mois de service militaire au sein d'une compagnie de chasseurs Alpins, il intègre à Lyon le groupe Ziegler qui officie dans la commission de transport. Il est bombardé, grâce à sa maîtrise de la langue, sur un poste commercial en Allemagne qui s'étend rapidement sur le Benelux. Moins de dix ans plus tard, il est directeur commercial de l'entreprise lorsqu'il décide de relever un nouveau défi. «Je l'ai fait au moment où le métier connaissait une période de douce folie, les commissionnaires de transport faisant de la surenchère pour se piquer leurs commerciaux», se souvient Walter Schoch. Période de doute, il s'interroge sur sa volonté de rester dans le métier, tant et si bien qu'il bifurque un temps vers la vente de produits financiers, «pour ajouter une corde à mon arc», dit-il. Mais en 1997, il revient à la logistique, persuadé cette fois que c'est là son élément. Il met alors le pied en Normandie, à Louviers, en charge de la gestion de l'exploitation de la plateforme Carrefour Europa Discount. «Un très gros chantier de réorganisation où il y avait tout à faire». En peu de temps, il redresse la barre et accepte l'année suivante de rejoindre le groupe Bolloré auHavre, pour exploiter une plateforme aux mains de Sagatrans qui gère la logistique des eaux minérales du groupe Danone.




«Passage à l'ennemi»

C'est pour lui une découverte, à plus d'un titre: «je ne connaissais pas le milieu portuaire et LeHavre... C'était le bout du monde!» Averti sur le doigté requis pour gérer un tel outil planté au coeur de la zone portuaire, Walter Schoch décide d'imposer sa méthode. «Tout ce qui ne devait pas être fait avait été fait; alors j'ai dit: laissez-moi faire. J'ai pris le chantier avec ma sensibilité, en faisant fi du port, des dockers, et ça s'est plutôt bien passé!» Du rapport de force émerge la confiance. «Il suffisait de mettre les bonnes personnes à la bonne place». Il tiendra sept ans grâce à cette recette magique, avant de «passer à l'ennemi» et de rejoindre en 2004 les quais de la capitale Normande. «On me l'a dit en rigolant à l'époque, mais je l'ai tout de même ressenti fortement», lâche-t-il. C'est Jacques Brifault, haute figure de la logistique Normande, sur le départ de chez Westerlund, qui insiste pour qu'il postule. Entre-temps SeaInvest a repris l'activité havraise de Sagatrans et Walter Schoch hésite «à quitter un groupe international pour rejoindre une PME familiale». Rouennais depuis lors, il a finalement «bien senti le truc». «Il faut dire que Jacques Brifault me l'avait bien vendu!»



Guillaume Ducable