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VoltR veut ouvrir un centre de stockage pour accélérer le reconditionnement des batteries
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VoltR veut ouvrir un centre de stockage pour accélérer le reconditionnement des batteries

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La start-up VoltR, installée à Verrières-en-Anjou, a déjà livré ses premières séries de batteries reconditionnées et devrait en sortir plusieurs milliers encore d’ici la fin de l’année. Mais elle est actuellement freinée par ses possibilités de stockage.

La start-up VoltR a livré à ce jour plusieurs dizaines de milliers de batteries reconditionnées et veut accélérer en disposant dans un premier temps d’un site de stockage pour les batteries qu’elle collecte — Photo : VoltR

Créée en décembre 2022, la start-up VoltR, qui a mis au point un principe de reconditionnement de batteries électriques, est en phase d’accélération. Cette année, elle a livré plusieurs milliers de batteries produites dans ses locaux de Verrières-en-Anjou et devrait en fournir tout autant jusqu’à décembre. "Nous avons actuellement une quarantaine de clients dont 5 ou 6 grands comptes", explique Alban Régnier, président de VoltR. Ces premières séries de batteries qui sortent de l’unité angevine de VoltR sont utilisées principalement pour des applications d’objets électroniques ou dans le domaine de la micromobilité. Mais l’entreprise est freinée par le stockage des batteries qu’elle collecte et voudrait rapidement trouver un site pour accélérer la cadence.

Horizon 2025

C’est vers la construction d’une unité de stockage à Durtal, dans le nord du Maine-et-Loire, que s’oriente pour l’heure la start-up angevine. "Nous avons également d’autres pistes mais c’est là que le dossier est le plus avancé, souligne Maxime Bleskine, cofondateur de VoltR. Nous avons déposé un dossier d’études et nous échangeons régulièrement avec la Dreal, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement. Il y a encore des contraintes réglementaires à lever et nous espérons pouvoir disposer d’un site de stockage dans le courant de 2025."

Un site de stockage de 50 tonnes

En effet, actuellement installée dans les locaux de We Network à Verrières-en-Anjou, VoltR, qui emploie actuellement 37 personnes, en Maine-et-Loire et en région parisienne pour la R & D, ne peut stocker réglementairement dans ses locaux plus d’une tonne de batteries en permanence. "Cela nous freine dans notre développement, constate Alban Régnier, et il n’y a actuellement pas de capacité de stockage en Europe. Nous avons collecté à ce jour plus de 10 tonnes de batteries mais nous ne répondons qu’à une toute petite partie de la demande."
À Durtal, si le projet se concrétise, VoltR pourrait stocker 50 tonnes de batteries qui seront ensuite reconditionnées. La start-up envisage à plus long terme un site en capacité d’héberger jusqu’à 200 tonnes de batteries collectées.

Une technologie éprouvée

Ce projet d’unité de stockage n’est qu’une brique du projet VoltR. La start-up envisage aussi de quitter ses locaux angevins pour une unité plus vaste. Elle veut répondre à un enjeu de souveraineté européenne en termes de batteries électriques, qui proviennent principalement d’Asie et plus précisément de Chine, en proposant des batteries éco conçues reconditionnées sur le vieux continent. "Nous avons aujourd’hui fait la démonstration que nos batteries ont des performances a minima identiques à celles de batteries neuves qui proviennent de Chine, avec au moins autant de durabilité tout en répondant aux mêmes certifications", ajoute Maxime Bleskine.

Levée de fonds en fin d’année

Pour répondre à cet enjeu, ou pour le moins en partie - tant VoltR sait qu’elle ne répondra pas à la totalité de la demande - la start-up angevine finalise pour décembre 2024 une levée de fonds qu’elle annonce déjà conséquente, "de plusieurs dizaines de millions d’euros, selon Alban Régnier, ce qui permettra la construction d’une usine de plusieurs milliers de mètres carrés, de robotiser nos process et d’innover. Une dizaine de millions d’euros seront consacrés à la R & D." VoltR, qui a déjà levé quatre millions d’euros fin 2023, se fixe un an et demi à deux ans pour disposer d’un site de production, qui devrait être implanté en Pays de la Loire, et veille à ce que le tour de table s’effectue auprès d’investisseurs français et européens. "Nous avons de l’avance dans le domaine du reconditionnement des batteries et nous voulons garder cette position de leader", annonce le dirigeant.

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