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VoltR prévoit une levée de fonds après l’été pour construire sa première usine de batteries
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VoltR prévoit une levée de fonds après l’été pour construire sa première usine de batteries

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La start-up angevine VoltR, qui commercialise des batteries refabriquées, devrait lever plusieurs dizaines de millions d’euros à la rentrée de septembre, ce qui lui permettra de lancer la construction de sa première usine. L’entreprise ambitionne d’ici 2033 de disposer de trois usines de reconditionnement en Europe et de 5 sites de stockages. La première devrait être opérationnelle dans deux ans.

VoltR a refabriqué 35 000 batteries en 2024 et prévoit de se doter d’une usine de grande capacité en 2027 — Photo : Olivier Hamard

Elle est attendue depuis quelques mois : la seconde levée de fonds de VoltR, qui avait déjà effectué un tour de table de 4 millions d’euros en 2023 pour optimiser ses processus de reconditionnement, devrait intervenir "vers la rentrée de septembre", selon les termes de son président Alban Régnier. Une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros qui permettra la construction de la première usine de l’entreprise angevine, qui a mis au point un processus de refabrication de batteries électriques. Le lieu d’implantation de cette première unité industrielle n’est pas encore défini. "On souhaiterait que ce soit dans les Pays de la Loire, admet néanmoins le dirigeant angevin, mais il y a plus de chance que l’usine naisse dans les Hauts-de-France." Voilà qui est dit, même si rien ne semble encore acté.

38 collaborateurs

En attendant, VoltR poursuit son bonhomme de chemin dans ses locaux de Verrières-en-Anjou, avant le lancement de ce projet industriel qui permettrait, selon Alban Régnier "de traiter 40 millions de cellules de batteries chaque année dans un site de 5 000 mètres carrés dans un premier temps, pour un chiffre d’affaires d’environ 80 millions d’euros".

Alban Régnier, cofondateur et président de VoltR — Photo : Olivier Hamard

L’entreprise emploie actuellement 38 personnes, dont une quinzaine en région parisienne où se concentrent ses activités de R & D avec une dizaine d’ingénieurs et des doctorants, et 23 à 25 personnes à Verrières-en-Anjou, près d’Angers, où est implanté son site industriel pilote, un démonstrateur qui n’attend qu’à être dupliqué et surtout multiplié. C’est en effet ici qu’a été conçu tout le process qui permet d’aller du démantèlement des batteries au lithium jusqu’à la refabrication de nouvelles batteries mises ensuite sur le marché.

30 000 tonnes collectées en 2024

Les batteries collectées sont tout d’abord démantelées. Elles peuvent provenir de trois flux différents : en direct des entreprises, comme c’est le cas pour l’opérateur américain de mobilité douce Lime, des recycleurs historiques tels que Veolia ou encore Paprec, et des éco-organismes à l’image de Batribox, spécialiste de la collecte, du tri et du traitement des batteries. Celui-ci a collecté 300 000 tonnes de batteries en 2024 et mène depuis un an un projet pilote avec VoltR pour la refabrication de batteries. "Les batteries qui nous arrivent ont en général 90 % d’énergie résiduelle, indique Alban Régnier. Nous allons d’abord les démanteler pour n’en conserver que les cellules."

97 % de capacités résiduelles

Ces cellules, toutes du même format, sont ensuite testées, triées, caractérisées selon leur état de santé résiduelle. Sont ensuite refabriquées des batteries en utilisant des cellules homogènes, ayant toutes les mêmes capacités. "Il demeure des préjugés quant aux capacités des batteries refabriquées, concède Alban Régnier. Mais depuis 3 ans, sur les cellules que nous réutilisons, nous avons en moyenne 97 % de capacités résiduelles. Nous atteignons donc des performances identiques voire supérieures à celles de batteries neuves."

Pour cela, VoltR, qui a collecté 20 tonnes de batteries en 2024 et voudrait parvenir entre 50 et 100 tonnes l’an prochain, a mis au point de nombreux outils, permettant de tester, d’effectuer un vieillissement accéléré pour analyser le comportement de cellules en seconde vie, de prédire la durée de vie et la capacité des cellules, via l’intelligence artificielle et une base de données qui s’enrichit chaque jour avec l’arrivée de nouvelles batteries qui entrent dans le circuit de refabrication. "Tous ces outils seront multipliés dans la future usine, indique Alban Régnier, L’objectif est de traiter rapidement des flux différents de batteries à reconditionner. Il nous faut à chaque fois trouver un gisement et un client qui va aller en face et va acheter les batteries que nous aurons refabriquées."

35 000 batteries refabriquées

C’est déjà le cas, avec des clients tels que le fabricant angevin de luminaires Paranocta, le groupe industriel choletais Bodet, qui équipe ses tables de scores de gymnases avec des batteries de VoltR, ou le groupe La Poste, dont les vélos électriques sont alimentés par des batteries angevines de seconde main. "Les retours sont excellents", assure Alban Régnier.

VoltR dispose actuellement d’un site pilote à Verrières-en-Anjou. "On souhaiterait que notre future usine soit dans les Pays de la Loire, admet son dirigeant, mais il y a plus de chance qu’elle naisse dans les Hauts-de-France." — Photo : Olivier Hamard

Dès cet été, 140 magasins Leroy Merlin proposeront dans leurs rayons plusieurs milliers de batteries de marque VoltR destinées à l’outillage électroportatif. "Nous avons reconditionné jusqu’ici 200 000 cellules et nous avons refabriqué 35 000 batteries, précise Alban Régnier. L’objectif pour 2033 est de traiter 2 000 tonnes de batteries et de reconditionner 200 millions de cellules chaque année."

Nouveau site de stockage à Durtal

L’entreprise, qui dispose actuellement d’un site ne lui permettant de ne stocker qu’une tonne de batteries, pour des raisons de sécurité, a fait l’acquisition à Durtal, au nord du Maine-et-Loire, d’un site qui lui offrira une capacité de stockage de 50 tonnes. Celui-ci devrait commencer à être en fonctionnement en septembre prochain pour atteindre sa pleine capacité fin 2025. Parallèlement, VoltR prévoit également de s’étendre dans les prochains mois dans les locaux de We Network où l’entreprise est actuellement installée. En attendant de voir les choses en beaucoup plus grand dans deux ans, avec une nouvelle usine dont le lieu d’implantation sera probablement connu d’ici la fin de l’année.

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