Virvolt lève 3 millions d’euros pour industrialiser ses moteurs électriques en France
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Virvolt lève 3 millions d’euros pour industrialiser ses moteurs électriques en France

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Virvolt annonce une levée de fonds de 3 millions d’euros pour financer l’industrialisation en France de ses motorisations de vélos électriques. Le tour de table est mené par CoopVenture accompagné d’AfriMobility et de business angels. L’ambition affichée par l’entreprise est de faire émerger un standard européen de la motorisation électrique pour cycles.

L’équipe de Virvolt, une jeune pousse lyonnaise qui veut industrialiser en France des motorisations électriques pour cycles — Photo : Virvolt

Une prouesse comparable à la détention du maillot jaune pendant le Tour de France ! En pleine côte, dans un secteur malmené, le fabricant de moteurs électriques pour vélos Virvolt (17 salariés ; CA : N.C.) vient de réunir 3 millions d’euros auprès du fonds d’investissement grenoblois CoopVenture (400 000 euros), d’Afrimobility (branche capital-risque d’Akwa Capital) et de business angels dont l’identité n’est pas dévoilée.

À l’issue de l’opération les 3 cofondateurs Yvan de la Baume, Romain Buquet, et Rémi Jourdain restent majoritaires, avec environ 70 % du capital. Le financement vise à soutenir l’industrialisation de Virvolt, la relocalisation de sa production et l’expansion de son réseau européen de 300 ateliers partenaires. Après une progression de 66 % de ses ventes en 2025 (10 000 unités), l’entreprise soutenue par l’Ademe dans le cadre de l’appel à projets " Industries du vélo " (France 2030) vise 15 000 vélos équipés en 2028 et 110 000 en 2030.

Devenir un sous-traitant industriel français

Virvolt s’est construit sur un positionnement de sous-traitant spécialisé dans la motorisation électrique, des systèmes de propulsion destinés à être intégrés dans les vélos de marques tiers. Elle compte aujourd’hui plus de 15 marques clientes en Europe, dont les français Jean Fourche, Oklo et Schouetts et le belge Treebike. Son moteur pédalier, produit phare de la gamme, est assemblé en France dans la Refactory de Renault à Flins (Yvelines), site reconverti dans l’économie circulaire et la production industrielle de niche.

Ce choix de production locale constitue un axe central du modèle, qui sera prochainement dupliqué à l’Usine à vélo au sein du Grand Plateau à Villeurbanne où une 2e zone d’assemblage emploiera 3 opérateurs en sous-traitance. "Nous allons embaucher 2 à 3 ingénieurs, autant de profils commerciaux et marketing et investir dans les salons et événements professionnels", ajoute-t-il. En 2030, le chiffre d’affaires issu des ventes réalisées auprès des industriels devrait atteindre plus de 80 % du total.

Un système robuste et réparable

Yvan de la Baume, président de Virvolt : "Nous nous considérons comme une PME industrielle qui propose un système ouvert robuste et qui redonne les outils de la réparation au mécanicien" — Photo : Virvolt

"Nous nous considérons comme une PME industrielle qui propose un système ouvert robuste et qui redonne les outils de la réparation au mécanicien"

Rentable depuis 2023, Virvolt se distingue dans un secteur où de nombreuses start-up industrielles peinent à trouver leur point d’équilibre. Le mot "start-up" fait d’ailleurs bondir Yvan de la Baume, président de la PME lyonnaise : " De nombreux acteurs de la filière se sont fourvoyés avec des stratégies irréalistes. Nous nous considérons comme une PME industrielle qui propose un système ouvert robuste et qui redonne les outils de la réparation au mécanicien", explique Yvan de la Baume, président de Virvolt, qui a déjà mis plus de 20 000 moteurs en circulation. Le goût des choses simples et efficaces. Ici pas de low ou de high-tech, mais de la "right tech" qui laisse le pouvoir aux cyclistes et s’inscrit dans le temps long.

400 ateliers partenaires

À l’origine, l’entreprise avait développé une activité de rétrofit — la conversion de vélos classiques en vélos à assistance électrique — qui représente son métier historique, et lui a permis de constituer un réseau de 400 ateliers partenaires en Europe. "Ces points de vente et de réparation en lien avec notre activité de rétrofit jouent un double rôle : canal de distribution et infrastructure de maintenance", détaille Yvan de la Baume. Un support technique qui séduit les clients industriels et s’avère être un précieux atout dans un marché où la réparabilité devient un enjeu réglementaire croissant face aux systèmes propriétaires fermés de concurrents comme Bosch ou Shimano, plus délicats et coûteux à maintenir.

Nouvelles mobilités urbaines

Au-delà du vélo, Virvolt lorgne sur un marché encore émergent : celui des véhicules intermédiaires, parfois appelés " vélis " — catégorie qui recouvre les vélos-cargos, les véhicules utilitaires légers à assistance électrique (VUF) et d’autres engins positionnés entre le vélo et la voiture, comme ceux développés par des acteurs tels que Maillon Mobilités. Ces véhicules, plus lourds et soumis à des cycles d’usage plus intensifs que les vélos de ville, requièrent des motorisations robustes et réparables sur le long terme — exactement le créneau sur lequel Virvolt entend se positionner. La jeune pousse a notamment développé un moteur roue arrière dont la puissance est bien adaptée à ce type de véhicule.

CoopVenture, dont la thèse d’investissement privilégie les entreprises à gouvernance partagée, a été convaincu par la cohérence du projet. "Ce qui nous a décidés à investir, c’est la cohérence du projet Virvolt : ils ouvrent leur technologie et intègrent leurs salariés à la gouvernance. C’est ce modèle d’indépendance qui garantit que l’entreprise restera concentrée sur sa vraie mission", souligne Patricia Abraham, directrice au sein du fonds et accélérateur CoopVenture.

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