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Un bonus gouvernemental de 655 millions d’euros pour l’IA
France # Intelligence artificielle # Transition numérique

Un bonus gouvernemental de 655 millions d’euros pour l’IA

Le Premier ministre a annoncé mardi 16 juin 2026 le renforcement de la stratégie de déploiement de l’intelligence artificielle en France auprès des services de l’État avec la volonté de "protéger notre souveraineté" en la matière.

Le gouvernement veut déployer des outils d’IA made in France pour les agents de la fonction publique — Photo : GamePixel - stock.adobe.com

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi 16 juin 2026 à la veille de l’ouverture à Paris du salon VivaTech, 655 millions d’euros d’investissements supplémentaires en France pour le développement de l’intelligence artificielle (IA). Des investissements prévus pour "soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, les entreprises et les filières industrielles" a détaillé Sébastien Lecornu dans une vidéo sur les réseaux sociaux, en disant souhaiter "que cette révolution profite aux Français […] protège notre souveraineté (et) renforce nos services publics".

Des outils IA made in France

Le gouvernement annonce notamment vouloir déployer des outils IA made in France pour les agents de la fonction publique et par exemple un assistant conversationnel "souverain" qui sera accessible à environ un million d’agents de la fonction publique de l’État. Cet outil les assistera dans leurs tâches quotidiennes pour fluidifier la gestion de certaines procédures judiciaires ou aider les enseignants-chercheurs dans le cadre de leurs appels à projets. Coût de déploiement : environ 700 000 euros.

Un autre outil de traduction différée, développé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, sera également accessible "à partir de juin".

Enfin le site Ameli de l’Assurance-maladie disposera lui aussi d’un "assistant santé public" à base d’IA pour guider les patients.

Le Premier ministre souhaite aussi un meilleur accès aux données publiques (démographiques, économiques, géographiques, administratives), sur une "nouvelle plateforme publique dédiée à l’IA".

"Réduire les tâches inutiles" et "faire des économies"

Cette volonté gouvernementale de développement de l’IA répond par ailleurs à des ambitions économiques de réduction de la dépense publique. Sébastien Lecornu prévient ainsi que la "capacité" des ministères à utiliser l’IA "sera désormais prise en compte dans les arbitrages budgétaires", chaque ministère devant désormais "démontrer comment il utilise l’intelligence artificielle pour simplifier les démarches, améliorer le service rendu aux Français et réduire les tâches inutiles" pour "faire des économies sans diminuer la qualité du service public".

Refuser la dépendance numérique

Dans le même temps le Premier ministre insiste sur la nécessité de "construire une véritable autonomie" afin de ne "pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires, capables […] de couper le robinet d’accès" à l’IA. "Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique" justifie le chef du gouvernement. Il réagit en cela à la décision de l’administration américaine la semaine dernière de suspendre à "tout ressortissant étranger" l’accès à deux des modèles les plus puissants d’intelligence artificielle de la start-up Anthropic en invoquant la "sécurité nationale".

D’ores et déjà le Premier ministre a annoncé que le renseignement intérieur français (DGSI) allait rompre son contrat avec le géant américain de l’analyse de données Palantir (dont le cofondateur est proche de Donald Trump) au profit de la société française ChapsVision. De leur côté, les ministères de la Justice et de l’Intérieur devraient disposer "dès cette année" des technologies "les plus avancées" dans l’IA pour "traiter des données sensibles" ou encore "accélérer le traitement des visas".

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