Repris en 2024, le datacenter strasbourgeois d’UltraEdge, situé dans l’ancien "Magasin Vauban", un entrepôt industriel construit dans les années 1930 et exploité historiquement par la Seita, a fait l’objet d’un investissement de plus de quinze millions d’euros. L’opération a permis d’ajouter un mégawatt de capacité, portant l’ensemble à 3 MW disponibles, sur environ 20 000 mètres carrés.
Autour de ce site principal, l’opérateur français de centres de données structure un réseau de six implantations dans le Bas-Rhin, interconnectées pour assurer la continuité d’activité. L’ensemble vise à proposer, en région, des capacités d’hébergement comparables aux grands pôles nationaux.
Une activité encore très classique d’hébergement
Le modèle repose sur la colocation : UltraEdge (90 collaborateurs fin 2025, dont une dizaine sur Strasbourg) fournit un environnement sécurisé, alimenté et connecté, dans lequel ses clients installent leurs propres serveurs.
À Strasbourg, une trentaine d’entreprises sont accompagnées, principalement des intégrateurs, opérateurs télécoms et sociétés de services numériques, dont trois acteurs de la santé.
"Aujourd’hui, on est surtout sur des offres classiques d’hébergement", indique Fabrice Cousin, président-directeur général d’UltraEdge, une société qui a son siège social à Courbevoie (Hauts-de-Seine) et qui est détenue à 70 % par l’américain Morgan Stanley et à 30 % par Altice France (SFR). L’intelligence artificielle reste marginale dans l’activité locale, malgré des projets en cours.
Un positionnement de proximité
UltraEdge se positionne sur la proximité, avec des infrastructures situées au plus près des utilisateurs pour réduire la latence. Strasbourg s’inscrit dans cette logique, à proximité de l’Allemagne et sur un axe reliant plusieurs hubs européens.
Ce modèle répond à des besoins spécifiques et s’adresse principalement à des intermédiaires du numérique. Les clients sont en majorité des intégrateurs, des opérateurs télécoms et des entreprises de services numériques, qui hébergent des plateformes pour le compte de leurs propres clients.
L’accès à l’électricité en question
Le principal frein reste énergétique. UltraEdge évoque des besoins de 30 à 40 MW à Strasbourg, pour une capacité actuellement mobilisable de 7 à 10 MW.
"Le sujet, ce n’est pas la production d’électricité, mais la capacité à raccorder les sites", souligne Fabrice Cousin. À Strasbourg, les besoins exprimés par UltraEdge atteignent 30 à 40 mégawatts, pour une capacité aujourd’hui comprise entre 7 et 10 mégawatts, illustrant les contraintes de raccordement auxquelles font face les projets de data centers en région. Des tractations sont en cours avec les distributeurs d’énergie.
400 millions d’investissement
Avec un recrutement national visant à passer à 130 collaborateurs, UltraEdge poursuit son développement dans un marché en croissance. Le groupe revendique 160 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et prévoit un total de 400 millions d’euros d’investissements d’ici 2028 sur ses 248 sites.
L’entreprise a récemment investi dans des centres de données près de Lyon ainsi qu’à Bordeaux. Dans chaque ville, il a injecté 15 millions d’euros.
À ce stade, le site strasbourgeois reste centré sur des usages d’hébergement classiques. Les relais de croissance, notamment liés à l’IA, restent à concrétiser.