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UltraEdge inaugure un nouvel écosystème de centres de données régionaux depuis Bordeaux
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UltraEdge inaugure un nouvel écosystème de centres de données régionaux depuis Bordeaux

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La société UltraEdge investit 400 millions d’euros pour moderniser son réseau de centres de données et créer sept grands pôles régionaux. Elle en a investi 15 dans le premier, inauguré à Bordeaux le 5 mars, notamment pour augmenter sa puissance disponible. Elle compte sur ce nouveau maillage pour répondre à une demande exponentielle.

UltraEdge a investi 15 millions d’euros dans son premier centre de données régional à Bordeaux — Photo : UltraEdge

C’est depuis Bordeaux, le 5 mars 2026, que la société francilienne UltraEdge (90 salariés, 160 M€ de CA) a lancé le premier maillon de ce qu’elle présente comme un nouveau réseau de centres de données régionaux. Il est composé de "datapôles" centraux (dont celui de Bordeaux) chargés d’irriguer des sites complémentaires pour assurer aux entreprises du territoire une offre uniforme.

De SFR à UltraEdge

UltraEdge, propriété du fonds d’infrastructure de la banque américaine Morgan Stanley (à 70 %) et de la maison mère de SFR Altice (en pleine restructuration financière mais toujours actionnaire à 30 %), a récupéré l’activité data centers de SFR, vendue à Morgan Stanley pour 764 millions d’euros en 2024.

Le site de 11 000 m2 à Bordeaux Lac récemment inauguré fait partie de ces bâtiments anciennement exploités par SFR. UltraEdge y a investi 15 millions d’euros pour y ajouter un mégawatt de puissance, atteignant désormais un total de 2,9 MW.
Dans le détail, la société a notamment réorganisé le site bordelais pour y ajouter deux salles de serveurs supplémentaires (sans l’agrandir). "On a aussi changé les systèmes de refroidissement et rénové la climatisation dans les salles, entre autres", précise Cindy Ferry, directrice marketing d’UltraEdge.

Le site bordelais de 11 000 m2 était jusque-là exploité par SFR, qui a cédé en 2024 son activité sur les centres de données à Morgan Stanley, actionnaire majoritaire d’UltraEdge — Photo : UltraEdge

400 millions d’euros d’investissements

Ce site est le premier d’une plus vaste série pour UltraEdge, qui duplique son modèle en région parisienne, à Lyon, Lille, Rennes et Strasbourg. En tout, son investissement se chiffre à 400 millions d’euros jusqu’en 2028 (dont 80 % fléchés sur les "datapôles") pour atteindre 51 MW de puissance commercialisable.

L’entreprise prévoit à la fois de réaménager les sites existants et d’en rénover certains "pour les maintenir en conditions opérationnelles", assure la porte-parole. Deux autres gros centres similaires sont prévus à Toulouse et Montpellier (Occitanie) en 2027.

Renforcer le maillage local

L’objectif est le même partout : "avoir un gros site principal pour alimenter et connecter les plus petits sites et apporter une réponse à des entreprises plus locales, pour les rendre plus proches de leurs données et uniformiser le niveau de service", assure Cindy Ferry. Et permettre, grâce à ce maillage existant, aux entreprises d’Angoulême ou de Limoges d’être aussi performantes que leurs cousines bordelaises.

"En Nouvelle-Aquitaine, nous exploitons 25 sites : dix centres de données et 15 sites plus petits, anciens sites télécoms de SFR."

La société exploite au total 248 sites en France ; un maillage territorial dense qui, espère-t-elle, lui permettra de se positionner sur un marché concentrant des investissements massifs, entre les centres de données géants (comme le futur supercalculateur girondin) et les microsites modulaires. "En Nouvelle-Aquitaine, nous exploitons 25 sites : dix centres de données et 15 sites plus petits, anciens sites télécoms de SFR", ajoute la responsable.

Une attente forte

Les actifs de l’opérateur sont, pour UltraEdge, un atout sur lequel elle compte capitaliser, tout comme les clients historiques de ce dernier. "À Bordeaux, il y a notamment des besoins exprimés de créer des miroirs de données plus locaux, des back-up, pour assurer la continuité des activités des entreprises."

Il ne reste plus qu’à transformer cette puissance nominale en contrats pour le centre de données bordelais. "Nous avons déjà quelques clients télécoms et des PME, une moitié de salle sera ouverte pour un nouveau client d’ici un mois ou deux", termine Cindy Ferry. Une brique de plus pour Bordeaux qui porte de grandes ambitions sur la connectivité. Et l’exploitant francilien ne s’interdit pas d’en ajouter d’autres. "Tout dépend de la demande." À voir la multiplication des projets de ce type, peu de risque qu’elle faiblisse.

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