Cet hiver, il ne sera plus possible de rallier l’aéroport d’Orly depuis Pau. Les six vols hebdomadaires assurés par Transavia (tous les jours sauf le mercredi) seront supprimés à partir du 27 octobre. La compagnie low-cost du groupe KLM l’a annoncé ce mercredi 28 août.
Pour le territoire, c’est un coup dur. Certes, des liaisons sont maintenues par Air France - quatre vols par jour - mais avec l’aéroport de Roissy. "Ce n’est pas la même utilisation", selon Nicolas Patriarche, président du syndicat mixte qui gère l’aéroport Pau-Pyrénées. Pour lui comme nombre d’acteurs de Nouvelle-Aquitaine, "nous n’avons aucune perspective de ligne TGV, donc il en va de l’attractivité du territoire."
Une fréquentation insuffisante
Transavia justifie sa décision par un manque de fréquentation. Une tendance générale pour l’ensemble de l’aéroport. De 600 000 passagers en 2019 - en bénéficiant de la fermeture de l’aéroport de Biarritz quelques mois - Pau est tombé à 345 000 voyageurs en 2023.
Transavia a tranché. "Malgré des ajustements de programme et d’horaires, et une politique tarifaire volontariste face à la concurrence de la ligne Orly-Tarbes, le niveau de demande sur la ligne Paris Orly-Pau reste insuffisant pour assurer l’équilibre économique et la pérennité de la ligne", explique-t-elle.
La faute au Covid, d’abord. Les anciens clients des classes affaires ont profondément modifié leurs habitudes. La faute surtout à l’encombrant et trop proche voisin de Tarbes (50 km) qui a pris ses aises et le dessus sur le Béarnais. En 2023, "ils ont enregistré une hausse de la fréquentation sur leur ligne de 25 %, un chiffre qui correspond à la dégradation de la fréquentation sur la nôtre", déplorait début 2024 Nicolas Patriarche. Tarbes a siphonné Pau.
La difficile pilule de l’OSP
Ce qui reste en travers de la gorge des Néoaquitains est la reconnaissance d’obligation de service public (OSP) dont bénéficie Tarbes depuis 2022 pour sa desserte vers Orly, et pas Pau. Elle lui confère des aides publiques jusqu’à 4 millions d’euros par an. Ses deux rotations quotidiennes - matin et soir - via Volotea font le plein.
Les Béarnais y voient une concurrence déloyale. L’association de chefs d’entreprise Béarn Adour Pyrénées, présidée par l’avocat Grégory Casadebaig, s’est même mobilisée en attaquant le dispositif dérogatoire d’OSP. En juin, elle a reçu le soutien des élus de la communauté d’agglomération de Lacq-Orthez ont voté une subvention en faveur de l’association de 7 500 euros. Signe que les espoirs persistaient. Depuis des années les inquiétudes montent. Manifestement à juste titre, mais en vain.