TP : La Colas cède l'entretien des routes stéphanoises à un groupement lyonnais
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TP : La Colas cède l'entretien des routes stéphanoises à un groupement lyonnais

Marchés Publics Historiquement détenu par la Colas, le marché de l'entretien des routes de Saint-Etienne vient de tomber dans l'escarcelle d'un groupement composé des lyonnais STAL TP et Coiro, et de l'isérois Moulin TP.

Dans le microcosme stéphanois des travaux publics, l'annonce a fait l'effet d'une bombe. La Colas, qui depuis les années 30 s'occupait de l'entretien des routes de Saint-Étienne, vient de perdre le dernier appel d'offres lancé conjointement par la Ville et Saint-Étienne Métropole (pour les voies communautaires présentes sur le secteur de Saint-Étienne).




40% plus cher

Avec des prix 40% plus chers que la concurrence, la Colas a été balayée au profit d'un groupement composé de deux sociétés lyonnaises et une iséroise: Stal TP à Chassieu, Coiro à Saint-Priest et Moulin TP à Bourgoin-Jallieu. «Pour nous, il s'agissait d'un marché historique qui représentait tout de même 4 à 5millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Sur les quatre années de l'appel d'offres, c'est tout de même 20millions d'euros que l'on voit partir au profit de sociétés lyonnaises qui emploient des gens de Lyon et font des fiches de paies à Lyon. Une quarantaine d'emplois sont directement concernés par ce marché. Nous devrons sans doute muter du personnel d'encadrement sur d'autres centres et beaucoup de salariés seront amenés à travailler en déplacements. Est-ce que c'est cela servir l'économie locale?», peste Patrice Leroy, chef de centre de la Colas sur Saint-Étienne. Et d'ajouter: «J'ai demandé des explications. J'ai été reçu par le directeur des services techniques qui m'a dit que nous étions trop chers. Moi, je considère qu'il n'y a pas eu de véritable analyse desprix et que les prix annoncés ne sont pas tenables. Et puis, comment gère-t-on à distance un marché de proximité qui nécessite parfois des interventions sous deux heures? En mettant des camions sur l'A47, qui est déjà surchargée?».




Pas de dumping

De son côté, le groupement lyonnais se défend de faire du dumping. «J'ai fait une offre en fonction des charges qui correspondent à nos sociétés. Après, c'est le jeu de l'appel d'offres. Nous sommes connus sur Lyon pour faire du bon boulot. On veut reproduire la même chose sur Saint-Étienne. Nous avons déjà une petite expérience puisque nous avons réalisé les extérieurs de la Cité des affaires de Saint-Étienne», développe Anthony Stal, directeur général de Stal TP. Pour arriver à tenir ses engagements, le groupement prévoit de créer une antenne dans le département.




Une antenne et 40 emplois à terme

«L'entretien des routes est effectivement un marché de proximité qui nécessite que l'on soit proche de nos clients. Nous prévoyons donc de créer une implantation à proximité de Saint-Étienne, sans doute dans la Vallée du Gier. Nous n'allons pas faire travailler des gens de Lyon. Notreimplantation a pour but de faire fonctionner l'économie locale avec des gens recrutés localement», assure Anthony Stal. Cette implantation, dont l'investissement devrait avoisiner le million d'euro, verra le jour d'ici à la fin du premier trimestre 2012. «Avant la fin de l'année, elle devrait générer la création d'une quarantaine d'emplois répartis entre Stal TP et Coiro. Moulin TP interviendra sur ce marché plus dans un rôle de complément», confirme Anthony Stal. Et de conclure: «Cet appel d'offres est un premier pas dans le département. L'objectif est bien entendu de pérenniser notre implantation avec d'autres marchés».

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