Plus d’un an après avoir repris la licence Pierre Cardin Europe Underwear, Textiss en récolte les fruits. L’entreprise basée à Montélimar, spécialisée dans la conception et la distribution de sous-vêtements, casquettes et chaussettes, s’est imposée sur plusieurs marchés clés du continent. En 2024, la marque forte de 80 collaborateurs (dont 10 personnes dédiées au service export) a généré 1,7 million d’euros dans la zone DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) et 1,2 million d’euros en Pologne et dans les Balkans, où Pierre Cardin bénéficie d’une forte notoriété historique. Résultat : 1,5 million de boxers écoulés en quelques mois, via un réseau de 2 000 points de vente en Europe. Aujourd’hui, la part de l’activité à l’export est de 50 % pour Pierre Cardin contre 20 % pour l’ensemble de Textiss.
Cette performance s’appuie sur un maillage de distributeurs locaux et d’agents commerciaux, ainsi que sur la capacité logistique du groupe, idéalement situé au cœur de la vallée du Rhône. Sans créer de filiales, l’entreprise préfère s’appuyer sur ses partenaires locaux, en gardant le contrôle de la création et du sourcing via ses équipes à Montélimar.
Consolider l’existant
Pour le moment, l’objectif est de se concentrer sur l’existant, comme le rappelle Sylvain Caire. "Nous essayons de monter en puissance dans les pays où nous sommes déjà présents plutôt que d’aller ouvrir d’autres zones géographiques", souligne Sylvain Caire, fondateur de Textiss. Il poursuit sur les quelques accrocs rencontrés lors de l’internationalisation. "Nous avons eu quelques problèmes sur l’harmonisation des informations légales sur les étiquettes (nombre de langues, symboles obligatoires, traductions des informations tailles…)".
Une centaine de références
Textiss a rapidement musclé l’offre Pierre Cardin pour adresser les attentes d’un marché concurrentiel. Boxers en microfibres, slips imprimés, leggings pour hommes, maillots de corps effet seconde peau… Une centaine de références est désormais disponible. Pour renforcer l’image premium de la marque, une ligne dédiée aux grands magasins comme Peek & Cloppenburg, Breuninger ou les Galeries Lafayette a vu le jour. Parallèlement, l’entreprise conserve son ancrage en grande distribution (Carrefour, Auchan, Besson, etc.) et sur les marketplaces (Amazon, Zalando), tout en misant sur l’e-commerce via sa filiale Webtex.
L’innovation produit reste au cœur de la stratégie, avec l’introduction de coton bio et des emballages écoresponsables. "La RSE est devenue incontournable dans notre développement européen. Sans certification GOTS, certains distributeurs scandinaves, par exemple, nous ferment la porte", explique Nicolas Fouchet, directeur commercial et export.
70 millions de chiffre d’affaires en 2025
D’ici 2026, Textiss vise les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires pour la licence Pierre Cardin à l’international, contre environ 3 millions d’euros aujourd’hui. Le groupe, qui table sur un chiffre d’affaires global de 70 millions d’euros en 2025 (contre 65 M€ en 2024), fait de cette marque l’un de ses moteurs de croissance avec Von Dutch, Umbro et Freegun. "La puissance de Pierre Cardin à l’export nous a agréablement surpris. Elle pourrait devenir notre première marque à l’international", conclut Sylvain Caire.