Textile technique : La filière a la fibre de la croissance
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Textile technique : La filière a la fibre de la croissance

Les industriels du textile technique ont mieux résisté que les autres à la crise. Depuis 2010, ils renouent avec la croissance mais font déjà face à d'autres difficultés.

Alors que l'industrie traditionnelle subissait de plein fouet la crise avec des baisses de -25%, les industriels du textile technique ont plutôt bien résisté. «En 2009, le business a baissé de près de 12% dans les entreprises où on fait du textile technique, confirme Jean-François Bracq, secrétaire général de Clubtex, réseau qui compte 80 adhérents dont 60 entreprises du textile. En 2010, le secteur a renoué avec la croissance avec+15% de progression. Cette année le marché devrait encore enregistrer une légère hausse de plus de 3%.»




L'habitat a le vent en poupe

Alors que le textile technique représente un milliard d'euros dans la région pour près de 9.000personnes employées, quelles sont les spécialités qui tirent le secteur? L'amélioration de l'habitat et l'isolation des bâtiments, avec le boom du développement durable, des émissions de bien-être et de déco, marquent des points et pèsent de plus en plus dans cette progression. «L'automobile, avec l'essor des véhicules électriques et l'aéronautique sont aussi bien placées», estime le secrétaire général de Clubtex. Si le Nord-Pas-de-Calais fait partie des deux premières régions de France avec Rhône-Alpes concernant le textile technique, c'est aussi grâce à la présence de son pôle de compétitivité Up-Tex. Alors qu'ils sont très souvent critiqués, ce dernier, tout comme i-Trans, fait partie des bons élèves de la classe régionale. Avec 150membres, il a en effet labellisé de 2006 à 2010 près de 71projets pour un montant de 67M€. 40de ces projets ont notamment trouvé un financement. Rien que sur l'année dernière, la filière a été active avec 20projets labellisés ne rassemblant pas moins de 18 PME. Six projets ont d'ailleurs été financés à hauteur de 4,49M€. «Nous jouons notamment le rôle d'apporteur de réseau pour les dossiers de Fonds unique interministériel (FUI). Il y en a eu 14 mis en place depuis le début. Nous sommes les plus actifs dans la région», considère André Beirnaert, président du pôle.




Des difficultés existent

Devant cette relative croissance et la recherche appliquée de plus en plus présente, le secteur dépend aussi des matières premières, de sa capacité à innover et du coup des financements. «C'est très compliqué pour une entreprise d'accéder à ces aides car administrativement c'est plus que complexe», lance André Beirnaert. Concernant le Centre européen du textile innovant, le Ceti, les attentes sont diverses. Pour Jean-François Bracq de ClubTex, il est clairement «un outil fantastique en recherche appliquée pour découvrir de nouvelles matières pour les entreprises du secteur et les rendre du coup plus compétitives.» Du côté des entreprises, «on ne sait pas trop à quoi s'attendre. Nous savons que c'est un outil de R & D mais nous ne savons pas encore comment nous pourrons nous en servir», concède Philippe Lefebvre, gérant de la société de Merville, L'Ascenseur. Le Ceti, structure représentant un investissement global de 41M€, dont 17M€ consacrés aux équipements de pointe, va être opérationnel à partir de janvier2012. Pour Up-Tex, «le plus dur reste encore à faire». Et André Beirnaert de conclure: «Cette structure de 15.000m² s'adresse aux entreprises qui veulent l'utiliser. C'est une vraie prestation de services mais il faut aussi de gros industriels qui misent sur ce projet et nous en manquons. Nous allons clairement de plus en plus sensibiliser les entreprises du secteur car c'est un plus indéniable dans la compétitivité de demain.»

Structures



www.uptex.fr www.clubtex.com

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