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CTMI met le cap sur l’Inde avec un projet de joint venture
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CTMI met le cap sur l’Inde avec un projet de joint venture

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Spécialisé dans la conception et la fabrication de textiles techniques pour l’aéronautique, la Défense et l’industrie, l’isérois CTMI poursuit son développement à l’international avec un projet de joint-venture en Inde qui devrait voir le jour sous 12 à 24 mois.

Loïc Alirand ambitionne d’atteindre les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires sous 3 à 4 ans, sans compter sur la joint venture qui verra le jour en Inde — Photo : DR

Le marché indien est-il le nouvel Eldorado pour le concepteur et fabricant de textiles techniques CTMI ? C’est en tout cas l’espoir nourri par Loïc Alirand, qui a repris en 2016 cette entreprise familiale, fondée en 1886, pour l’intégrer au groupe GSL (qui compte aussi E-Tech et LAP). Spécialisée dans les textiles techniques à base de fibres de verre et de fibres de carbone, la PME iséroise (35 salariés ; 6 M€ de CA en 2024) prévoit de lancer sous 18 à 24 mois une joint-venture en Inde. "Nous travaillons avec trois partenaires de front. Nous verrons celui qui est le plus intéressant pour nous", confie Loïc Alirand.

Des contacts avec Skyroot Aerospace

Parmi les trois potentiels futurs partenaires de CTMI figure Skyroot Aerospace, un groupe indien spécialisé dans les lanceurs de fusées. "Nous les avons rencontrés dans le cadre d’une assurance prospection avec la Team France Export. Ils sont spécialisés dans le spatial qui reste un micro marché. On a de bons contacts commerciaux mais ce n’est pas forcément le meilleur acteur pour nous implanter en Inde. On vise plutôt un acteur du marché de la défense indienne ou du sud-est asiatique", tempère Loïc Alirand, sans citer les noms de ses deux autres contacts.

La Défense et l’international pour moteur

Pour CTMI, la Défense est devenue un secteur stratégique. Positionnée en 2016 quasi exclusivement sur le marché de l’aéronautique (80 % du CA), la PME iséroise a profité de la crise sanitaire pour se diversifier. "En 2020, avec l’arrêt de la filière aéronautique, nous avons perdu 45 % de chiffre d’affaires. Au sortir du Covid, j’ai donc décidé de diversifier nos activités en partant sur la Défense et sur l’international", explique le dirigeant. Une stratégie qui porte ses fruits puisque CTMI est passée de 2,4 à 6 millions d’euros de chiffre d’affaires entre 2016 et 2024 avec une part à l’export qui atteint aujourd’hui 25 % (contre 5 % en 2016).

La future joint-venture devrait permettre à CTMI d’accélérer encore cette croissance. "C’est difficile de vous donner des chiffres mais le potentiel en Inde est considérable. La croissance mondiale va se passer en Inde dans les 20 prochaines années et elle arrosera tout le sud-est asiatique", estime Loïc Alirand. Et d’ajouter : "Nous sommes en train de prendre nos premières commandes de qualification en Inde. Une fois qualifiés, nous commencerons à produire depuis la France tout en avançant sur ce projet de joint venture qui est une nécessité".

Une joint venture nécessaire à double titre

Une nécessité à double titre. "La doctrine en Inde, c’est de produire localement et être indépendant. Et en prime, la particularité de nos produits c’est qu’ils sont imprégnés d’une résine. Une résine qui, si elle durcit, ne peut plus être utilisée. Ce qui nous oblige à transporter nos produits dans des containers maintenus à -18 degrés. Cela impose des contraintes et des coûts logistiques. Nous n’avons donc pas d’autres solutions que de produire sur place", développe Loïc Alirand, qui entend faire de cette future implantation "un tremplin pour tout le sud-est asiatique".

En attendant, CTMI continue de se développer à l’international et notamment en Allemagne qui est aujourd’hui son plus gros marché à l’export. "Nous avons aussi des projets en Chine. Mais contrairement à l’Inde, nous n’avons aucune volonté d’implantation". conclut-il.

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