Terre d’Embruns met le cap sur le Japon en 2025
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Terre d’Embruns met le cap sur le Japon en 2025

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Terre d’Embruns, entreprise brestoise spécialisée dans la biscuiterie et tarterie surgelée dispose maintenant des moyens de ses ambitions à l’international depuis son rachat par le groupe agroalimentaire Sill. Après des touches aux États-Unis et en Irlande, direction le Japon en 2025.

Laurent Jolivet (à gauche) et Fabrice Berrou, codirigeants de la PME Terre d'Embruns — Photo : Terre d'Embruns

Les Japonais pourront goûter, en 2025, au savoir-faire de Terre d’Embruns. "Pour notre démarrage, trois conteneurs de pâton (de la pâte avant transformation) sont réservés. La marchandise sera fabriquée dans nos ateliers à Guipavas (Finistère) avant d’être expédiée en congelé vers le Japon puis transformée sur place", planifie Fabrice Berrou, fondateur et directeur général de Terre d’Embruns (70 salariés, 6 M€ de CA en 2023, 7,2 M€ attendus pour 2024). Les produits finis devraient garnir les rayons de Tokyo Fugetsudo, un distributeur import-export. Et le chef d’entreprise breton ne peut s’empêcher de sourire à cette perspective. En 2023, l’export ne représentait que 5 % de son activité, essentiellement par opportunisme "dans le sens où nous ne disposions pas des équipes et structures nécessaires à la prospection", retrace-t-il. Le rachat de Terre d’Embruns par le groupe agroalimentaire finistérien Sill (Yaourts Malo, La Potagère, Primel Traiteur…) en mars 2023, a changé la donne. Aujourd’hui, sur les 1 000 tonnes produites annuellement, 10 % sont destinées à l’international. Une part équivalente du chiffre d’affaires de Terre d’Embruns est réalisée à l’étranger. "Nous bénéficions de l’expérience et des moyens du groupe (logistiques, commerciaux, etc.). C’est beaucoup plus dynamique et nous sommes en capacité de lever plus rapidement les obstacles à l’export."

Des premiers pas aux États-Unis en 2024

Terre d’Embruns a commencé à défricher le marché américain en 2024. Quatre conteneurs de marchandises (80 tonnes de tartes au format familial) ont été livrés à la chaîne de supermarchés bio Whole Foods Market, détenue par le géant Amazon, sur la période août-octobre. Une opération de lancement dont "nous allons observer la suite au regard des chiffres de vente", prévient Fabrice Berrou. Toujours dans la gamme des produits premium, une opportunité s’est présentée en Irlande avec l’enseigne Dunnes Store. Le marché européen est aussi dans le viseur de Terre d’Embruns. "Nous avons démarré l’Espagne et accentué la Belgique, un distributeur s’est positionné en Suisse", énumère Fabrice Berrou. La marque espère capitaliser sur la finition qualité artisan de ses gourmandises pour affronter la concurrence et s’ancrer hors de ses frontières. Sa pâte feuilletée destinée à la fabrication de tartes "voyage très bien" assure le dirigeant. Elle permet de conserver toute la saveur d’un produit frais "même à 10 000 kilomètres de sa zone de production".

Une production 100 % réalisée en Bretagne

Le projet d’une chaîne de production, implantée à l’étranger, est-il envisageable pour Terre d’Embruns ? La stratégie n’est pas à l’ordre du jour pour Fabrice Berrou. "La qualité de nos pâtisseries vient de la sélection des ingrédients et en l’occurrence le beurre (fourni par la Sill, NDLR). Nous sommes dans une logique de proximité, pour être au plus près des bassins de production de nos matières premières, pour ensuite les transformer en local et exporter nos produits finis à l’étranger, argumente-t-il. De plus, nous disposons dans nos ateliers de personnel qualifié (boulangers, pâtissiers). S’implanter à l’étranger, ça veut dire aussi trouver des compétences pour réaliser nos produits dans les règles de l’art."

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