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À Ternay, au sud de la Vallée de la chimie, Suez traque les PFAS dans l’eau du Rhône
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À Ternay, au sud de la Vallée de la chimie, Suez traque les PFAS dans l’eau du Rhône

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À Ternay, au sud de la Vallée de la chimie, le syndicat mixte d’eau potable Rhône Sud et Suez lancent la construction d’une solution de traitement des PFAS dans l’eau potable. Cette solution technologique brevetée par Suez est déployée pour la 1re fois en France pour répondre à la problématique des polluants éternels.

L'usine de traitement de l'eau du Syndicat Mixte Rhône-Sud à Ternay — Photo : DR

Quel meilleur endroit que la Vallée de la Chimie pour tester de nouvelles technologies pour filtrer et traiter l’eau pour la délester des PFAS, ces polluants persistants qui résistent aux procédés de dépollution. "L’intérêt" du spot n’a pas échappé à Suez qui opère l’usine de Ternay du syndicat Rhône Sud, premier site français déjà en fonctionnement qui se transforme pour intégrer une nouvelle technologie de traitement et de filtration, fondée sur des réacteurs de charbons actifs.

Réacteurs de charbons actifs

"Produire une eau de qualité pour nos collectivités adhérentes est un enjeu majeur, dans un contexte de ressource en eau brute dégradée par la présence de PFAS. Grâce au nouveau traitement que nous allons mettre en place avec Suez sur notre usine de Ternay, nous pourrons garantir la qualité de l’eau produite", assure Guy Martinet, président du syndicat mixte d’eau potable Rhône Sud.

La solution brevetée par Suez s’appuie sur le renouvellement en continu du charbon actif, grâce à "un système de 6 réacteurs à flux descendant". Cette innovation permet de maintenir l’efficacité du traitement, sans risque de saturation comme c’est le cas actuellement, ni mise à l’arrêt des filtres pour le renouvellement du charbon. Les analyses menées depuis 2022 ont mis en évidence la saturation rapide de ces filtres, impactant leur capacité à retenir l’ensemble des PFAS présents dans la ressource.

Qualité constante de l’eau distribuée

"L’avantage de cette technologie est d’adapter en permanence la charge de charbons actifs nécessaire pour rester toujours en dessous du seuil de 100 nanogrammes de PFAS par litre d’eau distribuée", détaille Denis Tessier, directeur de Suez en Auvergne-Rhône-Alpes (1 000 salariés). Le processus s’adapte ainsi aux variations de qualité de l’eau puisée dans le Rhône pour délivrer une eau de qualité constante.

Autre atout, elle peut s’intégrer dans une usine existante dans le cadre d’une réhabilitation, "limitant ainsi les coûts d’investissement pour la collectivité". Plus de 3 millions d’euros seront tout de même investis pour remplacer une partie de filtres existants par des réacteurs.

Moins de 100 nanogrammes par litre d’eau

Issus de l’activité de certaines industries, les PFAS sont soumis à des réglementations émergentes sous l’égide de l’ARS (Agence Régionale de Santé), qui veut limiter leur taux à un seuil de 100 nanogrammes par litre d’eau distribuée. "Pour le moment, nous sommes en phase test avec une forte variabilité des résultats", poursuit Denis Tessier. Une variabilité elle-même causée par les variations de la qualité de l’eau puisée dans le Rhône.

Un projet mené tambour battant

Après une phase d’études et de pilotes entamée en 2023, le dispositif devrait être opérationnel en avril 2026. "Trois ans de travaux, c’est très court, estime Denis Tessier. Nous avons d’abord dû nous doter d’outils d’analyse pour quantifier et qualifier les PFAS pour les identifier dans nos process et traitements avant de tester des pilotes". L’usine de Rhône Sud à Ternay (Rhône), dessert près de 170 000 usagers des communes au sud de Lyon (Condrieu, Givors, Grigny, Mornant, Solaize, Vienne, etc.) et traite 6 millions de mètres cubes d’eau potable par an.

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