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Tereos reconstruit son moulin de Nesle avec un investissement de 62 millions d’euros
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Tereos reconstruit son moulin de Nesle avec un investissement de 62 millions d’euros

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Ravagé par un incendie fin 2023, le moulin de l’amidonnerie de blé du groupe Tereos à Nesle, dans la Somme, vient d’être entièrement reconstruit au terme d’un chantier de 62 millions d’euros. Plus moderne et plus efficace, cet outil stratégique permet au groupe de sécuriser sa production d’amidon et de renforcer sa compétitivité dans un marché sous pression.

Ravagé par un incendie en 2023, le moulin de l’amidonnerie de Tereos, à Nesle (Somme), a été reconstruit et amélioré pour 62 millions d’euros — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Le moulin de l’amidonnerie de blé du groupe Tereos vient de faire peau neuve, au terme d’un investissement de 62 millions d’euros. Connu pour ses usines sucrières, au nombre de six dans les Hauts-de-France, le groupe français Tereos (15 600 salariés, 5,93 milliards d’euros de CA en 2024-2025) possède également cinq amidonneries de blé dans le monde. "Tereos transforme 7 % du blé français", rappelle Gérard Clay, président du conseil d’administration du groupe. L’amidonnerie de Nesle, née en 1996, s’étend sur 38 hectares et traite chaque année 800 000 tonnes de blé par an, en provenance des Hauts-de-France et du Grand Est, générant 290 emplois directs et 1 600 indirects.

Un chantier de 24 mois

Courant novembre, l’amidonnerie Tereos de Nesle a mis en service son moulin flambant neuf, en remplacement du précédent qui avait été ravagé par un incendie en novembre 2023. L’opération (déconstruction de l’ancien moulin, nettoyage du site et reconstruction) a été financée à la fois par les assurances et par le groupe, avec une répartition non dévoilée. Le chantier s’est étalé sur 24 mois, mobilisant près de 150 personnes.

Une vue de l’intérieur du moulin de Tereos à Nesles, qui affiche une capacité de valorisation de 800 000 tonnes de blé par an — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Durant cette période, l’activité du site a été partiellement maintenue grâce à des partenariats mis en place avec d’autres meuniers et soutenus financièrement par les assureurs. "Nous avons réussi à relancer les outils de production adossés au moulin trois mois après l’incendie", souligne Nicolas Lemaire, directeur du site de Nesle. Ces outils transforment l’amidon extrait du blé en sirop de glucose ou polyols, à destination de l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique, chimique et cosmétique.

Un moulin revisité

Le moulin de Nesle n’a pas été reconstruit à l’identique, mais avec des technologies plus performantes. "Ce moulin est l’un des plus modernes d’Europe", se félicite Olivier Leducq, directeur général de Tereos. Sa capacité de production reste inchangée : comme son prédécesseur, il peut traiter jusqu’à 111 tonnes de blé par heure, correspondant à la production de 90 tonnes de farine par heure. Il dispose de trois lignes de broyage du blé et d’un espace suffisant pour en installer une quatrième, à terme.

Le nouveau moulin de Tereos, à Nesle (Somme), dispose de trois lignes de broyage du blé — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Pour le moment, le marché français de l’amidonnerie est en pleine contraction, souffrant notamment d’un manque de compétitivité face à la concurrence internationale. "Cette quatrième ligne permettra au site de franchir le million de tonnes de blé valorisé par an", indique le directeur du site, sans davantage de précisions sur le calendrier.

Plus d’efficacité

À capacité de production identique, le nouveau moulin affiche un meilleur rendement. Celui-ci augmente de 1,6 % par kilo de blé. "Sur notre production annuelle, cela représente une économie de 6 jours de consommation de blé", précise Nicolas Lemaire. Le procédé, jugé plus fiable par l’industriel, devrait aussi réduire les coûts de maintenance.

6 500

Le moulin consomme enfin deux fois moins d’électricité que le précédent, grâce à une nouvelle technologie de broyeurs. "C’est 6 500 tonnes d’émissions de CO2 évitées chaque année", précise Olivier Leducq. Tereos est par ailleurs engagé dans un plan de décarbonation jusqu’en 2033, doté de 800 millions d’euros. 40 à 50 % de cette enveloppe seront consacrés à ses sept sites dans les Hauts-de-France.

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