À compter du 4 avril, les États-Unis ont mis en place des droits de douane supplémentaires de 20 % sur tous les produits importés de l’Union européenne. Des taxes colossales qui concernent tous les secteurs et s’ajoutent à celles déjà en vigueur. Une annonce qui a suscité de vives inquiétudes chez les acteurs économiques, craignant de l’inflation et des menaces sur leurs emplois.
L’aéronautique, premier exportateur vers les États-Unis
En 2023, les États-Unis étaient le 4e client de la France (derrière l’Allemagne, l’Italie et la Belgique), et son 5e fournisseur, selon les chiffres de la Direction générale du Trésor. Les États-Unis ont importé des biens pour une valeur de près de 59 milliards de dollars en 2023. Les cinq secteurs qui pèsent le plus dans les exportations françaises vers les États-Unis étaient l’aéronautique, les produits pharmaceutiques, les boissons, les machines et équipements, et le secteur de parfums et cosmétiques.
Les vins et spiritueux durement touchés
Parmi le secteur des boissons, les vins et spiritueux devraient payer un lourd tribut. "Un milliard d’euros", c’est "la perte nette pour le vignoble français" qui va découler des droits de douane imposés par les États-Unis sur le secteur du vin et des spiritueux, selon Jérôme Bauer, président de la Confédération nationale des producteurs de vins à appellations d’origines contrôlées (CNAOC). Des estimations proches de celles de la Fédérations des exportateurs de vins et de spiritueux (FEVS), qui évoque "un recul d’environ 800 millions d’euros des exportations".
Des taxes américaines qui touchent à nouveau le secteur, après que les vins ont déjà été concernés entre 2019 et 2021, et alors que la filière du cognac et de l’armagnac est suspendue aux menaces douanières de la Chine depuis plusieurs mois.
Les États-Unis représentent le premier marché pour les exportations françaises de vins et spiritueux, selon la FEVS. En 2024, elles ont représenté 25 % des exportations pour 3,8 milliards d’euros. Le président du Medef, Patrick Martin, craint "des conséquences graves, à hauteur de plusieurs centaines de milliers de destructions d’emplois, à la fois ciblées sectoriellement, mais aussi géographiquement", avant d’évoquer l’exemple du cognac.
Déjà fragilisée, l’automobile sera taxée à 25 %
Si les nouvelles taxes annoncées par Donald Trump sont de 20 % à l’égard de la plupart des produits européens, elles s’élèvent à 25 % pour les voitures. Un nouveau coup de massue, alors que le secteur traverse une grave crise et déplore une baisse de plus de 14 % de ses ventes depuis le début de l’année 2025. "La hausse des taxes génère une augmentation qui ne pourra pas être absorbée par le consommateur", et devra donc être absorbée par l’ensemble de la filière… rappelle Luc Chatel, président de la Plateforme automobile.