Les créateurs
Suriia, la plateforme de prévention santé développée par la société rennaise DP2 Healthcare SAS, est née début 2024 à l’initiative de Marie Destobbeleir. La jeune PDG fondatrice de 28 ans est passée par l’école de commerce Edhec à Lille. Elle n’est donc pas médecin, ce qu’elle revendique comme une force. "La prévention ne nécessite pas d’avoir fait dix ans d’études de médecine, mais d’être compréhensible par tous", explique-t-elle. Le projet s’est construit avec un collectif de médecins, dont son généraliste malouin, à l’origine de la démarche.
L’équipe de Suriia compte quatre personnes à temps plein. Autour de la fondatrice, un directeur technique, un profil orienté relations investisseurs et développement commercial, ainsi qu’un designer produit chargé de rendre le parcours utilisateur le plus intuitif possible. "La santé fait peur. Il y a un vrai travail pour rassurer et donner envie d’entrer dans une démarche de prévention", souligne Marie Destobbeleir. La dirigeante partage son temps entre la capitale bretonne, Saint-Malo et Paris, chez Station F, où la jeune pousse compte des bureaux.
Le concept
Suriia développe une plateforme de prévention santé à destination des salariés, proposée par l’entreprise ou via des mutuelles partenaires. Le principe : un questionnaire en ligne, volontaire et strictement confidentiel, permettant d’établir un premier état des lieux de la santé de l’utilisateur. "On parle souvent de contrôle technique de la santé : on le fait pour sa voiture, mais rarement pour soi", résume la jeune femme. Le questionnaire, conçu et validé par des médecins, couvre trois grands champs : cardio-vasculaire, cancérologie et santé mentale. À l’issue, l’utilisateur accède à un tableau de bord personnalisé, assorti de recommandations concrètes et hiérarchisées. La plateforme peut orienter vers des bilans biologiques, réalisés ensuite dans le parcours de soins classique. "Nous sommes uniquement dans la recommandation. La prescription reste du ressort du médecin", insiste Marie Destobbeleir. Côté entreprise, Suriia fournit uniquement des tendances agrégées et anonymisées, à partir d’un certain seuil d’utilisateurs, afin de préserver la confidentialité des données de santé. "L’employeur ne voit ni les réponses ni les résultats individuels. Les données restent chez nous", précise la dirigeante.
Les perspectives
Après une année de tests pilotes, Suriia est entrée en phase de commercialisation début 2026. La start-up revendique déjà quelque 1 000 utilisateurs. Son modèle économique repose sur un financement par l’entreprise ou la mutuelle, l’accès étant gratuit pour le salarié. Le coût, inférieur à 200 euros par utilisateur, pour l’offre digitale, varie selon les options retenues.
Suriia cible en priorité les ETI, tout en restant ouverte à des structures plus petites. L’objectif affiché est d’embarquer une trentaine d’entreprises en 2026 (CA tenu confidentiel). Une levée de fonds n’est pas exclue, mais reste conditionnée au succès commercial. "Si la traction est là, repousser une levée est toujours préférable", confie Marie Destobbeleir. Suriia ambitionne un développement par la Bretagne dans un premier temps, avant de conquérir le reste du territoire national. Sur un marché de la prévention santé "encore largement à structurer", une ouverture à l’international est aussi envisagée.