Le Journal des Entreprises : Suez est l'un des lauréats d'un appel à projet de l'Ademe pour BioSynergy Breizh. De quoi s'agit-il ?
Philippe Leblanc : Il faut préciser d'abord qu'il s'agit bien d'un projet. Il est soumis à des autorisations préalables de l'administration et au fait de trouver un équilibre économique. Rien n'est validé pour le moment. Il s'agit d'une chaudière biomasse, qui utilise les combustibles solides de récupération (CSR). Cela répond à une obligation réglementaire. D'ici 2015, il faudra que la France ait divisé par deux le volume de déchets enterrés. Il faut donc trouver une solution. Les combustibles solides de récupération (CSR) en sont une.
C'est-à-dire ?
P.L. : Au lieu d'incinérer ou d'enfouir les déchets, nous faisons un nouveau tri, en plus de celui qui a été fait en amont par les particuliers ou les entreprises. On extrait le bois, le papier, le carton, etc. pour en faire ce CSR, qui remplace ensuite les énergies fossiles pour faire fonctionner la chaudière.
Qui cette chaudière alimentera-t-elle ?
P.L. : C'est un gros projet qui prévoit une production de 30 mégawatts. Soit six fois plus que l'unité de valorisation des déchets que nous exploitons pour le Syndicat intercommunal de répurgation du centre ouest Bretagne (Sircob) à Carhaix car le CSR est un combustible plus énergétique. Nous travaillons avec l'entreprise Synutra pour pouvoir alimenter leur réseau de chaleur. Actuellement, nous ne fournissons que 15 à 20 % de leurs besoins. L'énergie résiduelle pourra aussi servir à alimenter des serres maraîchères et ainsi créer des emplois. Nous l'avons déjà fait ailleurs en travaillant avec des producteurs. Le but étant de favoriser l'économie locale et de répondre aux besoins des industriels. C'est un vrai projet de territoire.
Quel est le montant de l'investissement pour ce projet ?
P.L. : Il est de 30 millions d'euros. Nous avons fait une demande de subvention auprès de l'Ademe de 10 à 15 millions d'euros. C'est indispensable pour qu'un tel projet soit viable économiquement. C'est un choix politique. La viabilité dépend aussi beaucoup du prix des énergies fossiles. Plus ils sont élevés, plus il est valable d'investir dans une alternative.
Quand cette chaudière sera-t-elle opérationnelle ?
P.L. : Ce sera pour 2020, si tout se passe bien.