Avec Stéphane Bessis, le tutoiement est de rigueur. Normal, le président du directoire de l'Agence immobilière de la Comtesse (Effectif: 43 - CA: 3,3M€) est membre du Centre des jeunes dirigeants d'entreprises (CJD) de Marseille depuis une dizaine d'années. Un club qui - outre le fait de rassembler des chefs d'entreprises désireux de mettre l'économie «au service de l'Homme» -, voit dans le tutoiement un signe de convivialité naturel. C'est d'ailleurs dans l'un des salons cosy du Club du Vieux Port, à Marseille, à l'issue d'un ?déjeuner du lundi ?organisé par le CJD, que celui qui en assure la présidence depuis deux ans nous reçoit. Avec enthousiasme et naturel.
Histoire de famille
Avant d'être celle d'un homme d'engagement, l'histoire de Stéphane Bessis est celle d'une famille. «Mon père est juif pied-noir de Tunisie, et ma mère est juive alsacienne, résume le trentenaire, cadet d'une fratrie de quatre garçons. Comme beaucoup, mon père est arrivé en France sans rien. Il a fait des études de droit et, après plusieurs expériences, a repris une affaire dans l'immobilier». Élève studieux, bien que «trop bavard et agité», Stéphane Bessis a vécu une enfance heureuse à Marseille, où il est né en 1974. Après son baccalauréat, il décide de suivre les classes préparatoires au lycée privé de Notre-Dame de Sion. Puis il intègre le Ceram, à Sophia Antipolis, d'où il ressortira diplômé en 1997. «Pendant mes études, pour combler les creux de mon emploi du temps, j'ai décidé de travailler en alternance au sein du journal ?Boulot?. Le titre allait très mal, et je devais en développer le chiffre d'affaires. Ma marge de manoeuvre était immense, et en terme d'apprentissage, l'expérience a été fantastique». À l'issue de ses études, le jeune homme monte à Paris aux côtés de celle qui deviendra son épouse, et qu'il a rencontrée sur les bancs du Ceram. «Nous avons arrêté l'école le vendredi, et le lundi, nous étions à Paris avec chacun un job, sourit-il. Je travaillais dans une agence de promotion des ventes. Au début, j'étais simple stagiaire. Et puis, un jour, sur un concours de circonstance, je me suis retrouvé à faire une présentation client à la place de l'un de mes directeurs, qui était malade. Nous avons remporté le marché et le client a insisté pour que je sois sur le dossier. J'ai été embauché...» Pourtant, quelques mois plus tard, Stéphane Bessis décide de fuir l'ambiance parisienne, «trop superficielle», pour regagner Marseille, où il intègre la société familiale.
À l'école du métier
«Pendant deux ans, j'ai appris le métier. Tous les soirs, je restais au bureau pour potasser des dictionnaires de gestion immobilière...» En 2000, la famille rachète l'agence Mazet. Un premier virage à négocier. «À l'époque, je n'avais que 26 ans, avec tout ce que cela comporte d'énergie, de volonté, et parfois de brusquerie», s'amuse-t-il, lui qui a pris la tête de l'entreprise familiale en 2001, «sans aucun problème d'ego». Stéphane Bessis a ensuite développé la société aux côtés de son frère David et sous les conseils de son père, par le biais d'une croissance externe maîtrisée. Avec le rachat de l'Agence de la Comtesse en 2004, de l'Agence Eurimmo en 2007, de Cap Sud en 2008 et de l'Agence immobilière de Mazargue en 2009. Aujourd'hui, la société, regroupée sous le nom commercial d'Agence de la Comtesse, gère 2.800 logements. Elle est leader marseillais en gestion locative et en transaction immobilière, et enregistre une croissance annuelle de 10%.
Alors qu'il quitte la présidence du Centre des jeunes dirigeants d'entreprises (CJD) de Marseille ce mois-ci, retour sur le parcours de Stéphane Bessis, président de l'Agence immobilière de la Comtesse. Un homme de conviction, qui entend aujourd'hui être ?utile ?à son territoire.
Par Alexandre Léoty