Basée à Laval, Cispé est experte en ingénierie sécurité et coordination opérationnelle des rassemblements de foules. L’entreprise a fondé sa réputation en intervenant sur de grands événements internationaux tels que les Jeux Olympiques de Paris 2024, la COP16 en Arabie Saoudite, la Coupe du monde de rugby 2023 ou la Coupe du Monde de football au Qatar en 2022.
Devenir leader européen
La société lavalloise fondée en 2018 entend désormais s’imposer face à ses concurrents européens. "Notre projet 2025-2028 vise à devenir leader européen. D’ici trois ans, notre chiffre d’affaires devrait atteindre 20 millions d’euros avec le double d’effectif", indique le président et fondateur Florian Kerzerho.
En 2024, le chiffre d’affaires était de 7 millions d’euros avec quinze collaborateurs, dont six basés à Paris — il était de 1,5 million d’euros en 2022.
Italie, Belgique, Suisse
Pour atteindre ses objectifs, le dirigeant compte installer plusieurs agences en Europe au cours des trois prochaines années. Dès 2025, les premières ouvertures pourraient être réalisées en Italie, où Cispé a décroché le contrat des Jeux Olympiques d’hiver Milano-Cortina de 2026 et compte y maintenir une dynamique, et en Belgique, carrefour commercial entre les Pays Bas, le Luxembourg et l’Allemagne.
D’autres agences pourraient ensuite éclore. En Suisse notamment, siège des grandes fédérations sportives telles que la FIFA ou l’UEFA, déjà clientes de Cispé. Ainsi qu’en Angleterre, dont "la culture du crowd management peut s’exporter dans les autres pays anglo-saxons", souligne Florian Kerzerho.
Des intentions sur d’autres continents
À chaque fois, il s’agira d’une équipe permanente de cinq personnes. "Pour permettre à une agence d’être performante dans la durée, il faut créer une forte cohésion entre les ingénieurs, et maintenir un lien fort avec notre siège social à Laval qui héberge notre support production", précise Florian Kerzerho.
Le dirigeant envisage également d’étendre son savoir-faire en s’implantant au Moyen-Orient et en Amérique du Sud. Des collaborations avec de grands groupes du secteur de l’événementiel sont en cours de signature, confie-t-il.
Du conseil à l’opérationnel
L’entreprise lavalloise qui peut intervenir sur tout événement sportif, culturel, corporate ou international, propose des services très variés : audit de sécurité, optimisation d’un dispositif, plan de crise, test d’intrusion, étude de flux, gestion d’un appel d’offres, création de protocoles et procédures, etc. Mais c’est surtout sa maîtrise de la coordination opérationnelle qui place Cispé en interlocuteur unique auprès des clients, qui fait son succès.
Un rôle de chef d’orchestre
Dans ces cas-là, son équipe travaille "avec une dizaine de prestataires à la fois, en général", indique Florian Kerzerho. Il s’agit d’entreprises spécialisées en sûreté, en sécurité incendie, en secours et médical, en santé et sécurité au travail, en services aux publics, en nouvelles technologies, etc.
"Nous travaillons sur la personnalisation du niveau de sécurité en cohérence avec notre cartographie des risques, poursuit Florian Kerzerho. Mais aussi sur la qualité de l’expérience client avec une prise en compte des parcours spectateurs, des temps d’attente, des préventions aux risques, etc. Notre ingénierie garantit 80 % de la réussite d’un événement."
Cent événements par an pour des clubs ou des salles
Cispé coordonne plus de cent événements à l’année pour des clients récurrents : une dizaine de clubs en Ligue 1 et Ligue 2 de football, des organisateurs de congrès internationaux ou de salons professionnels, des grandes marques de luxe, etc. L’entreprise opère aussi auprès des gestionnaires de stades, centres des congrès ou autres lieux de réception. Avec des références telles l’Accor Arena, l’Adidas Arena, la LDLC Arena, la Tour Eiffel et des groupes spécialisés dont Viparis et GL Events.
Des besoins critiques en hausse
"Nous sommes un métier très jeune qui va évoluer avec le temps et les besoins des clients", poursuit Florian Kerzerho.
Depuis dix ans, trois problématiques ont fait naître et croître la demande en France, éclaire le dirigeant : " Le sentiment de sécurité, qui demeure une préoccupation accrue, notamment depuis les attentats de 2015 ; les exigences réglementaires, toujours plus nombreuses et complexes ; la hausse des coûts liés à la sécurité dans tous les types d’événements (matchs dans les stades, festivals, salons, etc.), avec des risques permanents et de tout type : mouvements de foule, vols, agressions, etc. "
Une ouverture aux collectivités
Ainsi, coordonner tous les éléments relatifs à la sécurité d’un site ne devrait plus seulement concerner les grands rassemblements, mais se démocratiser à des jauges dès 1 500 personnes, selon Florian Kerzerho. Des collectivités commencent ainsi à apparaître parmi les clients. C’est le cas des villes de Vannes (Morbihan) et de Cannes (Alpes-Maritimes).