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SP3H : Une levée de 2,2M€ pour le "profiler" de carburants
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SP3H : Une levée de 2,2M€ pour le "profiler" de carburants

Technologie La société aixoise SP3H, qui développe un capteur destiné à analyser en temps réel la qualité du carburant, vient de boucler un nouveau tour de table.

Son capteur optique miniaturisé, destiné à analyser en temps réel la qualité du carburant, ne devrait pas être installé en série sur les automobiles avant la fin de l'année 2014. Pourtant, la société SP3H n'a jamais été aussi près du but. En levant 2,2M€ juste avant l'été, la PME «peut aborder les deux prochaines années en autosuffisance, de manière sereine, en conservant son indépendance», estime son P-dg Alain Lunati. Ce nouveau tour de table, qui fait intervenir Truffle Capital et plusieurs investisseurs privés, porte ainsi à 8M€ l'enveloppe totale dévolue à la R & D depuis la création de la société, en 2005. «Nous travaillons seuls et nous brevetons tout à notre nom, résume Alain Lunati. C'est une politique qui coûte cher, certes, mais qui nous protège. Notre aventure technologique est comparable à celle des biotechnologies, et cela, nos investisseurs l'ont bien compris».




En phase d'évaluation

Destiné à améliorer la fiabilité et les performances des moteurs, le capteur développé par SP3H permettra de mesurer la qualité des carburants utilisés. «Qu'elles soient fonction des pétroles bruts utilisés, des procédés de fabrication des différentes raffineries ou des mélanges, les variations existent», rappelle Alain Lunati. Le capteur devrait permettre une adaptation en temps réel du moteur aux différents paramètres détectés. Plus d'une dizaine au total. «Nous nous définissons comme des "profilers" du carburant car nous nous intéressons directement aux molécules», sourit Alain Lunati, qui vise déjà les 20M€ de chiffre d'affaires pour son entreprise à l'horizon 2020. «Aujourd'hui, notre capteur de quatrième génération est évalué chez une dizaine de constructeurs automobiles, explique-t-il. Ils sont clairement très intéressés par cette technologie, d'autant que nous sommes parvenus à miniaturiser le capteur et que nous avons mené un important travail destiné à faciliter sa future fabrication sur des chaînes à forte cadence. La vraie phase de R & D est terminée. La technologie est désormais validée en ce qui concerne son embarquabilité et son industrialisation».




Deux options

Reste alors la commercialisation. Sur ce sujet, Alain Lunati se veut pragmatique. «Il existe deux possibilités, estime-t-il. Soit nous signons plusieurs contrats de licences avec des équipementiers automobiles dans les prochains mois. Soit l'un d'entre eux fait une proposition intéressante de rachat de la société». Pour le moment, l'entreprise a mis en place un programme de licence ouverte. «Nous n'avons pas souhaité nous marier très tôt avec un seul équipementier, précise Alain Lunati. Nos clients vont ainsi être en concurrence». Une politique stratégique à la hauteur des enjeux. «A terme, il est très concevable que les constructeurs automobiles intègrent le capteur sur tous leurs véhicules». La petite start-up aixoise toucherait alors les étoiles.

SP3H



Aix-en-Provence Alain Lunati 11 salariés 04 42 97 69 50 www.sp3h.fr

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