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Solvay veut doper la souveraineté européenne en terres rares depuis La Rochelle
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Solvay veut doper la souveraineté européenne en terres rares depuis La Rochelle

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Le chimiste belge Solvay veut investir jusqu’à 100 millions d’euros dans son usine de La Rochelle (Charente-Maritime), qui a décroché en novembre 2025 deux contrats avec des fabricants d’alliages et d’aimants américains et britannique. Il assure que les discussions avec des clients européens ont déjà démarré et espère bien contribuer à sécuriser la chaîne d’approvisionnement du vieux continent.

À La Rochelle, Solvay emploie plus de 300 personnes — Photo : Solvay

Pour le chimiste belge Solvay (9 000 salariés, 4,7 Md€ de CA net en 2024), qui assure être le "premier producteur européen de terres rares pour les catalyseurs automobiles et l’électronique", la souveraineté en matière de terres rares se joue à la fois en capacités industrielles et en contrats directs.

L’industriel a signé en novembre dernier deux contrats avec des fabricants d’aimants permanents et un spécialiste des alliages, l’un avec les américains Permag et Noveon Magnetics et l’autre avec le britannique Less Common Metals. Ils lui mettent le pied à l’étrier en vue d’augmenter progressivement la capacité de sa nouvelle ligne de production de terres rares pour aimants permanents, véritable pôle industriel en devenir.

50 à 100 millions d’euros à investir

Inaugurée en avril 2025 dans son usine de La Rochelle en Charente-Maritime (300 salariés), elle est spécialisée dans la séparation du néodyme et du praséodyme, deux terres rares dont l’extraction et le raffinage sont aujourd’hui largement dominés par la Chine.

Sébastien Scarsi, directeur du site, l’assure : le site rochelais de Solvay est aujourd’hui "la plus grande installation de séparation et de purification des terres rares hors de Chine" car capable de les séparer toutes. Et elle va continuer à grandir. "L’investissement, réalisé par phases, est estimé entre 50 et 100 millions d’euros afin d’optimiser nos équipements existants", précise ainsi Sébastien Scarsi.

Si Solvay mise autant sur ce site, qu’il décrit volontiers comme "un pilier de la chaîne d’approvisionnement occidentale", c’est parce qu’il espère en sortir d’ici à 2030 "jusqu’à 30 % des besoins européens en oxydes pour aimants permanents", et ainsi répondre aux ambitions décuplées du vieux continent pour réduire sa dépendance aux Chinois et aux Américains (15 kilotonnes pour 40 kilotonnes d’aimants permanents à même échéance).

Prospection européenne

Le groupe chimiste belge ne cache pas ses ambitions. Il espère être le premier en Europe à produire, en 2026, des terres rares critiques "comme le samarium, le dysprosium et le terbium, essentiels pour les aimants haute performance." Il doit d’ailleurs vendre du samarium à Permag et LCM, et du néodyme, du praséodyme et du terbium à Noveon.

"Pour cela, nous avons lancé une nouvelle phase d’investissement sur la séparation et la purification de samarium, dysprosium et terbium. Des discussions sont en cours avec plusieurs acteurs européens", assure le directeur du site rochelais, qui observe un "regain d’intérêt" et une "accélération des partenariats."

Sécuriser l’approvisionnement en amont"

L’entreprise compte ainsi prendre part à la bataille des terres rares relancée avec le plan RESourceEU, qu’elle estime être "une étape décisive pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement en matières premières critiques." À deux conditions toutefois : que la réglementation et les clients suivent.

Au-delà même de chercher à faire tourner ses lignes, Solvay entend bien "sécuriser l’approvisionnement en amont, en partenariat avec des recycleurs et des producteurs miniers, afin de bâtir une chaîne durable qui ne dépende pas exclusivement des matériaux chinois."

Une ambition qui pourrait lui permettre d’étendre sa palette de terres rares essentielles fournies au gadolinium ou à l’Yttrium, "critiques pour l’aéronautique, le médical et des applications de pointe", termine le porte-parole.

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