Pour les salariés de Sobrena (237 personnes), l'inquiétude a commencé en septembre, avec l'annonce des difficultés de la société. Et l'idée que, mi-novembre, il n'y aurait plus de trésorerie. Mi-octobre, les bateaux cessaient d'arriver. Sans travail, les salariés emmenés par les syndicats ont mis des actions en place, allant jusqu'à retenir François Meunier, le P-dg de Meunier SA, dont Sobrena est une filiale, dans son bureau. Mi-novembre, Brittany Ferries annonçait que son navire Armorique ferait un arrêt technique dans les chantiers brestois. L'entreprise bretonne souhaitant «témoigner auprès de Sobrena de son engagement en tant qu'acteur économique et partenaire du développement régional breton.» Autre action marquante: la réapparition de l'étrave de l'Espoir sur la place de la mairie de Brest, rénovée et repeinte sur place par les salariés. L'étrave était, en 1987, le symbole de la lutte pour la sauvegarde du chantier Arno. À l'époque, la solution s'était appelée Meunier avec la création de Sobrena.
Deux administrateurs
Après deux tables rondes à la sous-préfecture de Brest en octobre, c'est au ministère de l'Industrie que les réunions suivantes ont eu lieu. Les syndicats d'abord, les élus ensuite. Lors de cette seconde rencontre à Bercy, l'État a annoncé qu'il avait mandaté le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). Deux administrateurs ont aussi été nommés, en remplacement de François Meunier. Charge à eux d'examiner les différentes pistes pour une reprise de l'activité. Une mission compliquée au vu de l'état du marché dans la réparation navale civile en France. Mais les élus locaux comme l'État ne semblent pas prêts à voir disparaître l'ancien numéro1 français. Ou du moins cette activité du port de Brest dont certains équipements, comme les formes de radoub, ont été rénovées.
Navale Sobrena traverse une mauvaise passe. Si mauvaise que François Meunier, le P-dg, pensait liquider mi-novembre. Deux administrateurs ont été nommés.