En 2024, le fonds d’investissement Siparex (140 salariés ; 3,7 Md€ de capitaux sous gestion), basé à Lyon et à Paris, a investi 320 millions d’euros, dont 55 millions d’euros dans la région.
Mais signe des temps, il s’agit majoritairement de réinvestissements pour les actifs en portefeuille. "En temps normal, nous réalisons deux tiers de nouveaux investissements et un tiers de réinvestissements mais l’année dernière, les proportions se sont inversées", commente Bertrand Rambaud, président de Siparex.
En cause, une croissance plus lente des participations pénalisées par des taux d’intérêt élevés, un certain attentisme et une raréfaction des acheteurs, freinant les cessions qui se sont tout de même élevées à 415 millions d’euros, pour un montant de plus-values s’élevant à 255 millions d’euros.
Réinvestir pour soutenir
Des réinvestissements souvent réalisés pour des acquisitions créatrices de valeur. "Au total, nos entreprises en portefeuille ont réalisé 50 acquisitions. Nous avons notamment soutenu des opérations de croissance externe pour, le groupe de maintenance multitechnique Emalec et l’agence d’acquisition digitale Eskimoz ", se félicite Bertrand Rambaud, qui accueille avec plaisir une nouvelle génération de dirigeants, comme le groupe lyonnais de communication Ceetadel, et la régie lyonnaise Cogerim, utilisant la croissance externe comme levier de développement.
Accompagner à l’international
Le groupe Siparex a également accéléré son propre développement à l’international, en renforçant sa présence en Italie et en Allemagne, et en étendant ses fonds à l’international (Allemagne, Canada, Norvège, Espagne, Italie, Benelux, Suisse).
De quoi renforcer l’accompagnement de ses participations françaises à l’international, en soutenant leur expansion en Europe et en Amérique du Nord. Pour exemple, le spécialiste puydômois de l’accastillage Wichard qui a réalisé deux acquisitions en Italie et en Roumanie. "En quelques années, le pourcentage du chiffre d’affaires réalisé à l’étranger par nos entreprises a doublé, passant de 20 % à 40 % , illustre Bertrand Rambaud. Il faut accompagner les entreprises à l’international, c’est un passage obligé pour créer de la valeur".
Être majoritaire au capital
Comme l’est la position d’actionnaire majoritaire. "Les bonnes performances de nos portefeuilles en 2024 démontrent que notre position d’actionnaire, de plus en plus souvent majoritaire, porte ses fruits et que l’accompagnement de qualité réalisé par les équipes est créateur de valeur", juge le président de Siparex. En particulier, les participations majoritaires deviennent la règle notamment dans le cadre de transmissions d’ETI, car "on est plus écouté quand on est plus fort au capital".
Les acheteurs en position de force en 2025
Siparex anticipe une dynamique positive pour 2025. Le marché des cessions va reprendre même si les négociations risquent d’être dures dans un environnement complexe. "On va rester dans un marché très sélectif où les acheteurs auront la main", anticipe-t-il. À l’autre bout de la chaîne, Bertrand Rambaud espère que les familles et institutionnels vont continuer d’investir dans les fonds de la profession. Ce qui devrait être le cas "si les cessions reprennent, leur procurant des liquidités".