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La dégradation de l'activité des TPE et PME devrait se poursuivre en 2025
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La dégradation de l'activité des TPE et PME devrait se poursuivre en 2025

L’activité économique s’est dégradée au deuxième semestre de 2024 en France, selon le dernier baromètre de Bpifrance. Une tendance à la baisse à laquelle les chefs d'entreprise de TPE et de PME interrogés par la banque publique ne prévoient pas d’amélioration en 2025.

La conjoncture économique s’est dégradée au second semestre de 2024, selon Bpifrance. Une évolution qui devrait se prolonger en 2025 — Photo : Mahemud

La conjoncture s’est dégradée en 2024, "quelle que soit la taille de l’entreprise", prévient d’emblée Laetitia Morin, économiste à Bpifrance, au moment de présenter le denier baromètre semestriel de la banque, publié le 9 janvier. Le solde d’opinion des près de 5 000 chefs d'entreprise de TPE et PME interrogés sur l’évolution de leur chiffre d’affaires a perdu 8 points au deuxième semestre de 2024, et 14 points sur l’année. Il est de 20 points sous sa moyenne historique.

Et la situation ne devrait pas s'arrêter de sitôt. Une part plus importante de dirigeants prévoient une baisse de leur activité (25%), par rapport à ceux qui prévoient une hausse (22 %).

Tous les secteurs concernés par la baisse d’activité

La baisse de l’activité touche tous les secteurs. Elle est cependant plus marquée dans le tourisme et l’industrie, deux secteurs qui avaient mieux résisté au semestre précédent. Des tendances qui s’expliquent d’une part parce que le tourisme retrouve sa moyenne après un fort rebond après le Covid, et d'autre part parce que "l’industrie est très exposée à la concurrence internationale, et elle pâtit très fortement de la faible demande", précise Sabrina El Kasmi, responsable du service conjoncture-macroéconomie à Bpifrance. À l’inverse, l'activité dans le transport et la construction se redresse.

Il n'y a que dans les services que les chefs d'entreprises se disent satisfaits de leur activité.

La morosité ambiante commence à avoir des conséquences en termes d'emploi. Même si les effectifs "s’ajustent à la baisse avec retard", note la banque.

La faible demande, premier frein à l’investissement des PME

Le ralentissement de l’activité économique s'explique avant tout par une baisse de la demande. Il s’agit d’ailleurs du principal obstacle à l’investissement pour 59 % des TPE-PME. Le nombre de dirigeants de PME qui réalisent des investissements a diminué de 5 points en 2024 pour s’établir à 43 %. L’indicateur s’établit à 12 points sous sa moyenne de long terme. En 2025, 47 % des dirigeants de TPE PME ont l’intention de réaliser des investissements.

L'activité des Hauts-de-France se stabilise, et se replie partout ailleurs

La conjoncture se dégrade dans toutes les régions françaises en 2024, mais résiste mieux dans les Hauts-de-France (-0,3 % de CA). Dans les autres régions, le chiffre d’affaires fluctue entre -1,4 % et -2,9 %. L'activité ralentit fortement en 2024 dans le Grand Est et les Pays de la Loire. Le ralentissement de l’activité est en revanche moins net en Occitanie, Île-de-France et Bretagne. L’investissement ralentit également dans toutes les régions, sans exception, et se situe partout sous la moyenne de long terme.

Des perspectives pour l’activité économique des régions à la baisse

"Les perspectives d’activité pour 2025 sont globalement mal orientées", souligne le baromètre de la Bpifrance. Les chefs d'entreprises sont plus optimistes en Bretagne. Dans le Val-de-Loire, les patrons de TPE et de PME pensent que leur activité sera stable cette année. En revanche, les dirigeants s'attendent à des baisses d'activité dans toutes les autres régions. Les Hauts-de-France, davantage épargnés en 2024, devraient connaître la baisse la plus importante de l’activité en 2025.

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