Le parcours
Simon Colin a suivi une formation d'orthoprothésiste en Belgique : un parcours qui ne le destinait pas, a priori, à enfiler un jour la casquette de chef d'entreprise. Pourtant, à l'issue de cette formation, il s'est lancé dans l'aventure de l'entrepreneuriat et dirige à présent la société Evoletik, basée dans la Ruche d'entreprise de Tourcoing. Celle-ci commercialise plusieurs gammes de textiles, sous la marque U-Exist, destinés à personnaliser des appareillages orthopédiques.
L'idée
C'est durant sa thèse que Simon Colin a eu cette idée. L'orthoprothésiste y soutient qu'une prothèse imitant un membre perdu ne permet pas au patient de faire le deuil de celui-ci. « Ces prothèses classiques ne sont pas esthétiques et marginalisent les personnes handicapées », indique le créateur. Son école ne lui apportant pas de soutien, Simon Colin teste l'idée grâce à un collectif d'artistes, Custoprothetik, en proposant cette personnalisation à des patients, et cela fonctionne.
La création Simon Colin s'est associé à une spécialiste en orthèse et à une styliste pour créer fin 2014 Evoletik, dont il est associé majoritaire.
Il a été accompagné par l'incubateur Innotex, spécialisé dans les projets textiles. 135.000 € ont été nécessaires pour démarrer l'aventure, dont un emprunt bancaire de 50.000 €, 55.000 € de prêt d'honneur LMI et 30.000 € de subventions BPIfrance. Le créateur vise 7 salariés dans les 5 ans.
Le développement
U-Exist propose des textiles pour personnaliser des prothèses, orthèses et plâtres d'immobilisation. Les clients sont les orthoprothésistes, qui achètent un textile qu'ils intégreront à la prothèse lors de sa réalisation. Ce sont aussi des particuliers, qui peuvent acheter en ligne un textile d'habillage, soit une bande siliconée personnalisée, qui s'enfile comme un vêtement, par dessus l'appareillage. Le chiffre d'affaires prévu la première année est de 271.000 € : « Nous sommes en retard et allons retravailler notre business plan », indique le créateur.
Celui-ci espère un jour briser la frontière entre handicapés et valides en proposant à ces derniers ses textiles d'habillages. « Cela peut servir pour protéger un tatouage ou un grain de beauté du soleil ou dans certains sports comme le funboard. L'idée est que les valides peuvent avoir envie de porter ces textiles juste pour leur côté esthétique. » Dans un sourire, il ajoute : « Avant les lunettes étaient réservées aux intellos ou aux mal voyants. Aujourd'hui, c'est à la mode et certains en portent sans en avoir besoin. »
U-Exist
(Tourcoing) Dirigeant : Simon Colin CA prévisionnel : 271.000 € 7 salariés dans 5 ans www.u-exist.com