Connu en France pour être l'un des partenaires de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), le chantier naval Ernest Sibiril à Carantec était, en 2011, en liquidation judiciaire. Jean-Pierre Le Goff rachetait les actifs pour 125 K? et apportait 250K? en capital. Un an plus tard, le repreneur, juge le «patient stabilisé». Il espère clôturer l'exercice à moins 50K€. «Ce qui est pour moi satisfaisant, car la courbe est très positive», souligne l'ingénieur breton, fondateur de l'entreprise Sirehna cédée au groupe DCNS en 2008. Le plan de charge est rempli pour l'année, assure-t-il: «Nous avons trois bateaux à livrer d'ici à la fin avril: une V2 SNSM pour Clohars-Carnoët et deux bateaux de pilote pour la Seine et Dunkerque.» L'entreprise a également signé des contrats de fabrication de moules pour des canots touttemps et des V2 de la SNSM. Elle doit achever, dans l'année, une vedette pour Etel. D'autres contrats sont en négociation avec la SNSM et les pilotes.
«Nous n'irons pas au Brésil»
En parallèle, l'équipe du chantier se remet en quête de nouveaux clients. «On commence à refaire du commercial, indique-t-il. Nous avons plusieurs pistes à l'export. Nous sommes intéressés par l'Ouestde l'Afrique.»
Le président du conseil de surveillance de Sibiril Technologies* a participé à une mission de prospection organisée par la Région Bretagne au Brésil. «On n'ira pas là-bas. C'est un pays très protectionniste, les prix sont élevés. Pour ce type de bateaux, cela peut être très coûteux et complexe. On ne pourrait pas se différencier des chantiers locaux», analyse Jean-Pierre Le Goff, qui en revanche pourrait y vendre des bijoux Henriot.
«Faire des bons bateaux, c'est l'objectif numéro1»
Au plan stratégique, l'entrepreneur veut développer la marque Sibiril et s'appuyer sur son savoir-faire. «Si j'ai repris cette société, c'est parce qu'elle travaille pour la SNSM. C'est une cause noble. Je n'aime pas donner de l'argent bêtement. C'est trop facile. On se donne bonne conscience... Faire des bons bateaux, c'est l'objectif numéro1», poursuit le dirigeant qui ne s'interdit pas de penser à une diversification dans le domaine des drones. «Sibiril fabrique des bateaux de 12 à 20 mètres. Son potentiel est assez important. Il est capable de faire toute une gamme de bateaux professionnels.»
Mutualiser des compétences
L'entreprise fait travailler 18 personnes, même si elle peine parfois à recruter des intérimaires. Jean-Pierre Le Goff lance donc un appel aux autres professionnels du secteur et à l'association Bretagne Pôle Naval: «Ce serait intéressant de pouvoir mutualiser des postes en fonction des besoins, de manière à se partager les compétences et d'optimiser la gestion de la production».Sibiril Technologies
(Carantec) Président du conseil de surveillance: J-P. Le Goff 18 salariés 1,3M€ de chiffre d'affaires 02 98 78 23 87
*L'entreprise s'appelle "Sibiril Technologies" alors qu'un temps, elle devait se nommer "Sibiril 1789".
Construction navale Il y a un an, Jean-Pierre Le Goff reprenait le chantier Sibiril de Carantec, en liquidation judiciaire. «Le patient est stabilisé», affirme le repreneur.