?Sibiril 1789? : Nouvelle ère pour le chantier
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?Sibiril 1789? : Nouvelle ère pour le chantier

Construction Navale Jean-Pierre Le Goff, fondateur de Sirehna, est le nouveau propriétaire du chantier naval Sibiril qui construit les vedettes de la SNSM à Carantec.

Il lui aura fallu peu de temps pour se lancer un nouveau défi. Via sa holding Ciranoe, Jean-Pierre Le Goff est le nouveau propriétaire du chantier naval Sibiril de Carantec. Connu en France pour être l'un des partenaires principaux de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) pour la construction de ses vedettes, ce chantier fondé en 1789, a été mis en liquidation judiciaire en février.




Société en perte lente

La société était en perte lente depuis deux ans. «Au 31mars 2010, elle enregistrait -300.000€ de fonds propres. Cela me tenait à coeur d'investir dans une société qui produit pour la SNSM. Le chantier Sibiril a bonne réputation et un vrai savoir-faire», explique Jean-Pierre Le Goff. L'entrepreneur connaît bien la filière navale pour avoir créé Sirehna, une société nantaise experte en contrôle dynamique des navires. Il y a un an, il quittait la direction de cette société, puis, il y a quelques semaines, vendait ses dernières parts à DCNS et Thales, majoritaires au capital depuis 2008. Quelques jours plus tard, le 28février, il déposait une offre devant le tribunal de commerce de Brest pour la reprise des chantiers Ernest Sibiril. Jean-Pierre Le Goff détient des participations dans diverses sociétés du secteur naval. Ciranoe possède 75% du capital d'un des principaux bureaux d'architecture navale en France, le cabinet Mauric (18 personnes, 1,8M€ de CA), implanté à Nantes et Marseille. Il est propriétaire des trois quarts du capital de Sitia, fondée en 1986, un temps affiliée à l'école Centrale de Nantes. L'entreprise (15 personnes; 2M€ de CA) réalise des bancs d'essai, de l'automation et de la robotique notamment pour l'automobile. Enfin, Ciranoe possède 40% de Cayu Aéro, à Meulin en région parisienne, spécialisée dans les micro et mini-drones aériens.




Nouveau nom: ?Sibiril 1789?

Georges Sibiril, 57 ans, le patron du chantier fondé par ses aïeux, en devient le directeur technique. Il va aussi assurer la transition. Il était obligé de vendre à perte pour réaliser du chiffre d'affaires et ne pas avoir à licencier son personnel. Il n'aura plus ce genre de choix cornéliens à faire. «Le chantier naval va passer du statut d'entreprise familiale et artisanale à celui de véritable entreprise», affirme Jean-Pierre Le Goff, son repreneur. Seize emplois sur 25 sont maintenus. La société Bloscon Réparation Navale n'entre pas dans le périmètre de la reprise (8 personnes). Une activité chronophage créée en 2006, qui n'avait pas donné les résultats escomptés. Jean-Pierre Le Goff rachète les actifs de Sibiril pour 125 K€. Il apporte 250K€ en capital. Une nouvelle société anonyme à directoire et conseil de surveillance - ?Sibiril 1789?- va voir le jour. Deux postes vont être créés, l'un à la présidence du directoire et l'autre aux achats, gestion et comptabilité.




Se développer sur des niches

Au plan stratégique, le futur président du conseil de surveillance, se dit ouvert à des partenariats extérieurs pour des débouchés commerciaux et industriels. Il envisage d'explorer des marchés de niche (drones marins, engins semi-rigides...) pour sortir de la concurrence frontale avec les chantiers navals Bernard de Locmiquélic (Morbihan), positionnés sur les mêmes marchés de la SNSM et des bateaux de pilotes. L'ensemble des contrats sont actuellement renégociés. Le carnet de commandes prévoyait la livraison de trois canots SNSM et autant de vedettes de pilotage. «Il nous faudra accroître de 10% la productivité afin de rétrocéder une partie du gain aux clients ayant versé des acomptes», explique-t-il.




ACCF: croissance interne

Sur 30 entreprises à avoir pris des renseignements sur Sibiril, deux seulement ont déposé une offre le 28février dernier. Parmi eux, ACCF, l'atelier de constructions composites du Finistère (1,4M€ de CA; 15 salariés). Ses dirigeants envisagent désormais une croissance interne dans la construction navale de bateaux de servitudes de 12 à 18 mètres à Loctudy. «Nous venons d'obtenir une réponse positive du conseil portuaire pour une implantation sur le port dans les deux ans», informent Ronan et Gwénaël Touly.

Chantiers Ernest Sibiril



Carantec


www.chantier-naval- sibiril.com

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