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Setforge Bouzonville institue la prime d’intéressement égalitaire
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Setforge Bouzonville institue la prime d’intéressement égalitaire

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L’entrée de la forge de Bouzonville (Moselle) dans le giron du stéphanois Setforge a enclenché une nouvelle dynamique industrielle, mais aussi sociale grâce à la mise en place d’un accord d’intéressement égalitaire pour ses 125 salariés.

Chacun de 125 salariés de la forge a touché 1 200 euros bruts pour les neuf premiers mois de l’exercice 2022-23 — Photo : Setforge Bouzonville

La relance industrielle de l’ancienne usine Manoir Industries de Bouzonville (Moselle) s’accompagne d’une stratégie de partage de la valeur bien forgée. La reprise du site par le groupe stéphanois Setforge, filiale du français Farinia, en juillet 2021 a été synonyme de mise en place d’un accord intéressement "égalitaire" : La prime versée chaque trimestre est identique pour chacun des 125 salariés, quel que soit son niveau de rémunération.

"La société était structurellement déficitaire, prise dans une spirale négative depuis les années 2000, entre sous-investissement chronique et climat social délétère. Parallèlement au plan de relance industriel de Seforge, nous avons cherché à impliquer davantage les salariés et à valoriser les personnels en charge de la production", détaille Etienne Chambon, le directeur-général de Setforge Bouzonville.

Passée par un incendie en août 2019, un redressement judiciaire en mars 2021 et un plan de cession prévoyant le départ de 48 salariés, la forge a redressé la barre. Elle a intégré les modes de fonctionnement et bonnes pratiques de Setforge, largement réévalué ses prix de vente et relancé le dialogue social.

Critères de sécurité, qualité et service-client

Les bénéfices de cette remise en ordre se font d’ores et déjà sentir, avec un retour à la rentabilité du site de Bouzonville à la clôture de son premier exercice complet au 31 mars 2023 (chiffre d’affaires de 36 millions d’euros). Les gains ont été partagés avec les 80 personnes employées en production et les 45 dans les services supports. Chacun a touché un total de 1 200 euros bruts pour les neuf premiers mois de l’année 2022-23. "Ce complément de rémunération n’est pas négligeable pour nos plus petits salaires, surtout dans un contexte d’inflation ! Cette mesure s’accompagne également d’explications régulières aux salariés concernant la situation économique de l’entreprise, ses problématiques et ses projets, en toute transparence. C’est d’autant plus important que notre activité est cyclique ; elle suit les variations des marchés du pétrole ou encore des sites miniers qui sont nos principaux débouchés. Il en résulte que nos forgerons, usineurs, outilleurs et contrôleurs acceptent mieux la polyvalence ou les heures supplémentaires pour combler un retard en production", détaille le directeur-général.

L’intéressement est calculé chaque trimestre en comité social et économique. "Nous avons déterminé un seuil de rentabilité qui déclenche la prime qui représente 5 % de la masse salariale. Trois critères viennent la bonifier ou la dégrader : des critères de sécurité, de service-client et de qualité. Enfin, l’intéressement est modulé selon les absences", précise Etienne Chambon.

Le caractère égalitaire de cette prime est bien reçu chez Setforge dans la mesure où aucun accord d’intéressement n’avait été mis en place auparavant. "Si un accord avait préexisté, il aurait fallu abaisser la prime des plus hauts salaires, ce qui aurait été moins évident à faire accepter", nuance le directeur-général. Les salariés devraient a priori encore profiter de la bonne santé de leur forge, car celle-ci a prévu d’investir 12 millions d’euros sur cinq ans dans la modernisation et la décarbonation.

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