Commanditée par Greenworking et réalisée par Ipsos bva, cette deuxième vague porte sur 1 100 salariés du privé, dont 474 managers. Elle étudie les usages de l’IA, leur encadrement par les entreprises, les perceptions des salariés et le rôle des managers.
Greenworking et la méthode de l’enquête
Greenworking exerce à la fois comme institut d’études, cabinet de conseil et organisme de formation. Il affirme accompagner plus de 65 % des groupes du CAC 40 et appartient à House of HR, un groupe européen. L’IA générative compte parmi ses domaines d’intervention, avec des missions allant de la sensibilisation à la mise en œuvre.
Ipsos bva a interrogé les salariés en ligne, via son panel, du 12 au 25 mai 2026. L’échantillon réunit des salariés du privé âgés de 18 ans ou plus, à l’exception des ouvriers, avec un suréchantillon de 100 managers. Il repose sur la méthode des quotas. Les évolutions citées se réfèrent à une première vague menée en mai 2025 auprès de 1 000 salariés.
Usages individuels, déploiement et « usages fantômes »
Les utilisateurs de l’IA générative au travail représentent 73 % des salariés interrogés, soit une hausse de 10 points sur un an. Sur l’ensemble de l’échantillon, 55 % l’emploient de façon régulière ou quotidienne. En parallèle, 45 % des salariés interrogés déclarent que leur entreprise a déployé l’IA générative, contre 36 % en 2025.
Chez les utilisateurs, les usages restent principalement liés à l’assistance au quotidien. La rédaction ou la correction de textes arrive en tête (53 %), devant la recherche d’informations (47 %), puis la traduction et la synthèse de contenus (43 % chacune). Au total, 18 % des utilisateurs ont déjà confié à un agent IA la gestion de plusieurs tâches simultanément.
Concernant les outils validés par l’employeur, 37 % des utilisateurs disent y recourir systématiquement, 39 % le font sans que ce soit toujours le cas et 16 % ne les utilisent jamais. Greenworking qualifie d’« usages fantômes » le recours à des outils non validés par l’employeur.
Florentin Seux, directeur et expert des enjeux IA chez Greenworking, en donne la lecture : « Les usages fantômes ne traduisent pas un rejet des règles. Ils révèlent surtout que les usages progressent plus vite que les cadres proposés par les organisations. »
Productivité et perspectives d’évolution du travail
Les utilisateurs rapportent plusieurs bénéfices. Ainsi, 75 % déclarent exécuter certaines tâches plus rapidement et 70 % jugent que leurs contenus gagnent en qualité. Toutefois, 71 % constatent que d’autres missions viennent absorber le temps ainsi gagné, tandis que 57 % jugent nécessaire de contrôler davantage les productions de l’outil.
Les salariés anticipent une extension du recours à l’IA. D’ici cinq ans, 74 % pensent pouvoir s’appuyer sur elle pour une partie de leur activité, un niveau stable depuis 2025. Pour 43 % de l’ensemble des salariés, cette part sera même majoritaire, soit 8 points de plus qu’en 2025.
La crainte de voir des postes ou des professions disparaître arrive en tête des risques cités, avec 35 % des réponses, les personnes interrogées pouvant en sélectionner trois. Par ailleurs, 36 % envisagent que leur propre emploi disparaisse du fait de l’IA d’ici dix ans. Cette proportion atteint 51 % chez les utilisateurs quotidiens.
Les managers face aux transformations liées à l’IA
Une partie de l’enquête porte sur les managers encadrant plusieurs collaborateurs.
Parmi eux, 62 % constatent que l’IA accentue les écarts de maîtrise des outils entre les collaborateurs. Pour 53 % des managers interrogés, le développement de l’IA touche à leur rôle, qu’elle renforce selon 33 % d’entre eux et fragilise pour 20 %. La moitié affirme disposer de tous les moyens nécessaires pour épauler son équipe.
Pour Thibaut Coiffier, directeur associé de Greenworking : « L’enjeu est d’éviter que les managers deviennent le “service après-vente” de l’IA et de leur donner les moyens d’organiser durablement cette transformation. »