L'étude porte sur les comportements de paiement des entreprises, associations et administrations, en France et dans huit autres pays européens. Altares y constate un redressement au deuxième trimestre 2026, après deux années de dégradation continue. La France repasse sous la moyenne européenne, établie à 13,1 jours de retard. Signe de ce redressement, 49,7 % des structures règlent désormais leurs fournisseurs à l'échéance, contre 45,2 % un an auparavant. La part des retards supérieurs à trente jours revient à 7,5 %.
Huit jours d'écart entre petites et grandes structures
Le redressement est porté par les plus petites structures. Chez les entreprises de 1 à 9 salariés, le retard moyen tombe à 11,7 jours. Celles de 10 à 49 salariés font mieux encore, à 11,1 jours, contre 13 jours un an plus tôt. L'écart avec les grandes organisations reste marqué puisque les structures de 50 à 249 salariés affichent 13,4 jours de retard, celles de 250 à 999 salariés 15,3 jours, et au-delà de 1 000 salariés, le retard moyen atteint 19,6 jours.
Au-delà de la taille des structures, le clivage public-privé demeure net. Ainsi, le secteur privé revient à 11,7 jours, quand le secteur public reste à 14 jours. Les établissements d'hospitalisation concentrent les délais les plus longs, à 24,1 jours de retard, alors que le délai réglementaire plafonne à 50 jours pour les établissements de santé. Les collectivités territoriales, elles, limitent leur retard moyen à 12,7 jours.
Pays de la Loire, Bretagne et Centre-Val de Loire sous dix jours
Toutes les régions métropolitaines progressent. Avec 9,1 jours de retard, les Pays de la Loire signent la meilleure performance régionale, juste devant la Bretagne (9,3 jours) et le Centre-Val de Loire (9,7 jours). Ces trois régions repassent sous la barre des dix jours. Suivent l'Occitanie (10 jours), la Nouvelle-Aquitaine (10,2 jours), la Bourgogne-Franche-Comté (10,2 jours) et la Normandie (10,4 jours). Un peu plus haut, l'Auvergne-Rhône-Alpes (10,9 jours), le Grand Est (11 jours) et la Corse (11,2 jours) reviennent autour de 11 jours de retard.
La Provence-Alpes-Côte d'Azur enregistre le redressement le plus rapide sur un an, avec près de trois jours gagnés, à 12,1 jours. Les Hauts-de-France, à 12,4 jours, restent au-dessus de la moyenne nationale. L'Île-de-France demeure en retrait, à 18,7 jours, un niveau équivalent à celui des territoires ultramarins. Ces derniers font toutefois figure d'exception. En effet, alors que l'ensemble des régions métropolitaines s'améliore, l'Outre-mer se dégrade sur un an, avec un retard supérieur de près de trois jours à celui enregistré au deuxième trimestre 2025.
Le directeur des études d'Altares se garde d'y voir une inflexion acquise. Thierry Millon formule son constat au conditionnel : « Le printemps 2026 pourrait marquer le retour à une discipline de paiement plus vertueuse. »
Un panorama adossé au programme DunTrade
Le document ne repose pas sur une enquête déclarative. Altares exploite le programme DunTrade, qui collecte les données de règlement dans la comptabilité client de 15 000 sociétés participantes. Le groupe fait état de 8 millions d'expériences de paiement en France, portant sur 2,2 millions d'entreprises. Ces données alimentent également ses propres modèles de score, qu'il commercialise. Le groupe contribue par ailleurs aux travaux de l'Observatoire des délais de paiement.
Le directeur des études du groupe rattache l'amélioration aux préparatifs de la facturation électronique et à un cadre réglementaire plus ferme. Il met toutefois en garde contre une lecture trop favorable du niveau atteint. Thierry Millon rappelle que « le retard moyen reste éloigné des performances observées avant la crise sanitaire, lorsqu'il était tombé sous 11 jours en 2018 ».