La ponctualité semble faire défaut en matière de délais de paiement dans les établissements publics et privés, selon le dernier panorama publié par le groupe Altares. Les délais de paiement en France sont de 14,1 jours au 1er semestre 2025 contre 13,5 jours fin 2024. Le pays se place au-dessus de la moyenne européenne.
Alors que moins d’un établissement sur deux paye ses fournisseurs à l’heure (45,2 %), les délais dans le privé sont de 13,3 jours et proche de 15 jours dans le public. Selon une autre étude, réalisée par Ellisphere, les retards de paiement atteignaient 19 jours au 2e trimestre 2025.
Un contexte qui renforce les retards et fait décrocher la France
Le contexte politique et économique a son influence sur ces chiffres, selon Thierry Millon, directeur des études Altares. "Entre instabilité politique, tensions sociales, guerre commerciale et croissance modérée, les acteurs publics et privés naviguent à vue en cette rentrée de septembre 2025. Dans ce contexte toujours délicat, sécuriser sa trésorerie est une priorité. Le crédit fournisseur, en d’autres termes le délai de règlement, est alors bien souvent un levier privilégié", commente-t-il.
Cette tendance ne se retrouve pas partout en Europe et la France décroche. Elle représente en effet "la pire trajectoire sur la période", tandis que des pays comme les Pays Bas et l’Allemagne sont exemplaires et que la Belgique, l’Irlande avec le Royaume-Uni font mieux que la moyenne européenne située à 14 jours.
"Une source de fragilisation" pour les TPE-PME
Pour les petites structures, la situation se dégrade avec des délais atteignant en moyenne 15 jours. Le retard se maintient sous 13 jours pour les TPE d'au moins 3 salariés tandis qu'il atteint ce pallier pour les PME de moins de 50 salariés. Dans les entreprises jusqu'à 199 salariés, les délais sont de 14,3 jours et de 16 jours dans les structures allant de 200 à 999 collaborateurs. Dans les organisations de plus de 1 000 salariés, ils sont de plus de 20 jours en moyenne.
"Mais ces factures en souffrance sont aussi, pour de nombreuses TPE et PME, une source de fragilisation profonde, d’usure psychologique face aux relances épuisantes dans un rapport de force parfois bien déséquilibré", ajoute Thierry Millon.
Les retards s’envolent en Auvergne-Rhône-Alpes
Les régions Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur connaissent les retards les plus importants par rapport aux autres territoires. Mais la région Auvergne-Rhône-Alpes connaît une accélération du phénomène avec + 2,5 jours de retard en deux ans.
Selon Thierry Millon, directeur des études chez Altares, "la généralisation de la facturation électronique pourrait améliorer la situation… pour les bons payeurs. Et pour les autres, les voix s’élèvent pour demander un relèvement du plafond des sanctions". En Italie, où ce type de facturation a été mis en place dès 2019, les effets ne se font pas encore sentir. Les retards de paiement moyen sont en effet de 17 jours.