La santé mentale des actifs s’améliore mais la prévention est à la traîne
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La santé mentale des actifs s’améliore mais la prévention est à la traîne

Les travailleurs sont toujours 22 % à se définir comme étant en mauvaise santé mentale. C’est moins qu’en 2025 mais plus qu’avant la crise sanitaire. Selon le baromètre Qualisocial, la prévention est encore trop faible en entreprise, alors que les employeurs paient directement le prix d’une mauvaise santé mentale de leurs salariés.

Le travail est une des raisons engendrant une mauvaise santé mentale selon ce baromètre, derrières les événements liés à la vie privée et au contexte national — Photo : Nuthawut

La mauvaise santé mentale touche encore 22 % des actifs en 2026, selon la 3e édition du baromètre Santé mentale & Qualité de vie et des conditions de travail réalisé par Qualisocial avec Ipsos-BVA.

Cette proportion est en baisse par rapport à 2025, où elle atteignait 25 % des travailleurs mais elle est encore loin de son niveau pré-Covid (17 %). "Si la dynamique actuelle se poursuit, un retour à ce niveau pourrait être envisagé à l’horizon 2030", précise Qualisocial dans un communiqué.

Les employeurs ne font pas assez de prévention

Côté employeur, la prévention n’est pas suffisamment mobilisée. 44 % des actifs interrogés déclarent ne bénéficier d’aucune action de prévention en santé mentale. Pourtant, l’efficacité de ces dispositifs est reconnue, affirme Qualisocial. 86 % des salariés qui en bénéficient estiment qu’ils ont amélioré leur santé mentale.

"Les résultats sont sans ambiguïté : la prévention fonctionne. La question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais pourquoi on n’agit pas davantage", déclare Camy Puech, président-fondateur de Qualisocial dans un communiqué.

Le travail reste un facteur important de dégradation de la santé mentale

Cette faiblesse côté prévention est à mettre en regard avec la place du travail dans les facteurs de dégradation de la santé mentale. Si ces derniers sont d’abord extra-professionnels et touchent à la vie privée dans 38 % des cas et au contexte national dans 32 % des cas, les facteurs professionnels représentent 21 % des causes citées. "Le travail n’est donc pas la cause unique, mais il reste un levier d’action central, sur lequel les employeurs peuvent agir concrètement", affirme l’organisme.

Des impacts forts sur l’engagement des travailleurs

Si la prévention fonctionne, elle permettrait aussi de limiter les conséquences d’une mauvaise santé mentale sur le travail. Les travailleurs touchés par la problématique affirment que leur baisse d’engagement atteint -33 % et qu’ils auront une moindre propension à recommander leur employeur (-45 %).

Selon Camy Puech, "ce que montre le baromètre, c’est que les organisations paient directement le prix de la dégradation de la santé mentale : désengagement, perte d’énergie, fragilisation de la relation au travail".

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