Selon le dernier baromètre de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et de Bpifrance Le Lab, la santé des chefs d’entreprise de la région Hauts-de-France se dégrade. Ces deux acteurs ont interrogé, au printemps derniers, des chefs d’entreprise de TPE, PME et ETI de la région. Bilan : 85 % des dirigeants interrogés déclarent souffrir de troubles physiques ou psychologiques, soit dix points de plus qu’en 2024.
Un tiers des dirigeants en mauvaise forme psychologique
Si les dirigeants estiment en grande majorité être en bonne santé physique (90 %, une moyenne similaire à 2024), 85 % des sondés déclarent ressentir au moins un trouble physique ou psychologique. Le mal de dos (54 %), les troubles du sommeil (46 %) et l’anxiété (50 %) sont les maux les plus fréquents, auxquels s’ajoutent des douleurs articulaires en forte hausse.
La santé mentale est particulièrement préoccupante. Depuis 2021, le taux de dirigeants de la région Hauts-de-France en bonne forme psychologique oscille entre 81 et 70 %. Cette année, il tombe à 65 %, soit une baisse de 5 points sur un an (70 % en 2024). Un dirigeant sur trois se considère en mauvaise forme psychologique, un niveau parmi les plus alarmants du pays. "Les Hauts-de-France restent la région où les signaux d’alerte sont les plus forts en matière de santé mentale des dirigeants", relève le baromètre.
Le renoncement aux soins persiste
Malgré ces signaux, le renoncement aux soins reste répandu : 14 % des dirigeants déclarent ne jamais consulter de médecins (10 % lors du baromètre 2024). Par ailleurs, 31 % des chefs d’entreprise interrogés ont annulé une consultation médicale dans l’année par manque de temps (raison citée à 69 %) ou pour privilégier leur activité (31 %). "Un constat strictement identique aux dernières années", souligne le baromètre.
Addictions : un tabou persistant
L’étude lève aussi le voile sur les consommations à risque. Un dirigeant sur quatre avoue avoir souffert d’addiction au cours de sa vie, mais seule une minorité a cherché de l’aide. L’alcool reste la consommation la plus répandue (52 % au moins une fois par mois, dont 5 % au quotidien), tandis que le tabac concerne 22 % des sondés. Drogues et médicaments contre l’anxiété ou la dépression demeurent marginaux (1 % et 5 %). Pour Sylvie Bonello, déléguée générale de la Fondation MMA, "ces premiers signes d’essoufflement doivent être surveillés et accompagnés", alors que la majorité des dirigeants touchés par une addiction choisissent de ne pas se faire aider.