Le tourisme est une activité exposée aux conditions climatiques. La saison estivale 2024 à deux vitesses vécue par les professionnels du secteur dans les Pays de la Loire en apporte la preuve. Ainsi, après un mois de juillet pénalisé par une météo maussade, le mois d’août a été conforme à la moyenne. "Après les deux années exceptionnelles qui ont suivi la période du Covid, le tourisme retrouve son étiage habituel dans les Pays de la Loire. Trois facteurs ont joué : une météo défavorable, un pouvoir d’achat raboté par l’inflation et deux week-ends d’élection en période de démarrage de la saison. Toutefois un été peut en cacher un autre. Les perspectives sont bonnes pour l’arrière-saison", analyse Franck Louvrier, président du comité régional du tourisme des Pays de la Loire.
L’hébergement locatif plébiscité
D’après le Baromètre touristique régional publié par l’Observatoire régional du tourisme (ORT) des Pays de la Loire, c’est l’hébergement locatif qui se sort le mieux de cette saison maussade. Les nuitées réservées progressent de 5 % en juillet et de 11 % en août par rapport à 2023. Les Gîtes de France ont même enregistré un meilleur mois d’août qu’en 2023. Inversement, les restaurateurs (63 %), les campings (58 %) et les hôteliers (57 %), notamment ceux situés sur le littoral, ont noté un recul de la fréquentation des touristes français. "44 % des hôteliers et restaurateurs ont baissé leurs tarifs ou fait des promotions pour rentrer dans le budget de leurs clients. Ce qui constitue un point de vigilance pour l’avenir", pointe François Taillandier, président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) des Pays de la Loire.
Maintien de la clientèle étrangère
Le retrait des touristes français est en partie compensé par le maintien de la clientèle internationale, avec néanmoins des disparités selon les pays. Ainsi, les Espagnols et les Allemands sont au rendez-vous avec des nuitées en progression, respectivement, de 18 % et 17 % par rapport à 2023. En revanche, la clientèle britannique a été moins présente. Disparité également entre le littoral qui a maintenu sa fréquentation étrangère, alors que, dans les villes, plus d’un professionnel sur deux note une fréquentation moins importante qu’attendu. L’effet JO n’a pas eu lieu cette année.
Des perspectives prometteuses ?
L’arrière-saison s’annonce plus encourageante pour les professionnels de l’hébergement marchand, avec un taux de réservation de 35 % à la mi-août, soit une hausse de 7 points par rapport à 2023. Le Vendée Globe en novembre pourrait participer à cette dynamique. Toutefois, "le retard de chiffre d’affaires de l’ordre de 20 % ne pourra pas être totalement rattrapé", évalue François Taillandier. "La pénurie de main-d’œuvre représente un enjeu majeur. Les difficultés de recrutement entraînent une surcharge de travail pour les équipes en place et affectent parfois la qualité de service. Recruter demande autant d’efforts que de faire venir les touristes", souligne Loïc Corbel, président du groupement des hôtelleries et restaurations (GHR) du Grand Ouest. Une difficulté que la Région souhaite contribuer à résoudre en aidant les professionnels du secteur à recruter et à loger les saisonniers.
Pour mémoire, la filière touristique, forte de 14 100 entreprises, génère jusqu’à 65 000 emplois en saison et près de 7 milliards d’euros de retombées économiques annuelles.