C’est un défi complètement fou que Damien Grimont vient de lancer. Fondateur de l’entreprise Blue Ring à Nantes (conceptrice d’un port de plaisance sous-terrain), dirigeant de l’agence événementielle vannetaise Profil Grand Large (3 salariés), ce skipper de bon niveau - il a gagné la Mini Transat en 1991 - veut organiser une drôle de course entre Saint-Nazaire et New York. Pour célébrer le centenaire du débarquement des troupes américaines à Saint-Nazaire, celles qui sont venues prêter main forte aux poilus, Damien Grimont compte opposer, en juin ¬2017, les grands multicoques de la course du Rhum à un autre géant des mers, le paquebot Queen Mary 2, construit à Saint-Nazaire en 2003 et qui n’y est jamais revenu depuis.
Patrick Boissier dans la course
Des courses, le quadragénaire en a déjà organisées. Uniquement à la voile, celles-là. Comme le record SNSM ou la Solidaire du Chocolat pour laquelle il s’est associé à une figure entrepreneuriale nantaise, Yves Gillet, le P-dg du groupe d’ingénierie Keran (500 salariés). Avec sa nouvelle course, qui s’appelle « The bridge », Damien Grimont, qui estime devoir réunir entre trois et cinq millions d’euros, change d’ordre de grandeur. Du coup, il a convaincu une figure entrepreneuriale française de prendre la tête de l’association qui organise l’événement : Patrick Boissier, qui a lâché il y a quelques mois la barre de DNCS et qui a dirigé les Chantiers de l’Atlantique. C’est lui qui a piloté la construction du Queen Mary 2 et c’est lui qui mène les négociations avec la Cunard, la compagnie qui exploite le navire. « Sur le principe, la Cunard est d’accord. Maintenant, la négociation commerciale est en cours », confie Damien Grimont.
Voile, jazz et basket-ball
Du côté des voiliers, les mastodontes Sodebo, Macif et Banque Populaire devraient s’aligner sur la ligne de départ. Deux ans et demi avant le départ, le chef d’entreprise a encore beaucoup de pain sur la planche pour trouver des sponsors et préparer un événement qui fera aussi la part belle au jazz et au basket-ball. Lors de la première guerre mondiale, les « Sammies » avaient en effet emmené dans leur paquetage des pans entiers de la culture américaine.