L'évènement est assez rare pour être souligné...Les acteurs économiques de la Loire ont décidé de faire front commun pour faire pression sur les élus au sujet du financement de l'A45. CCI, Medef, CGPME et clubs d'entreprise (Club Gier, Cleo, Ester, Foract et Acctifs) publient ainsi, ensemble, un communiqué de presse réclamant "cette infrastructure essentielle pour le développement économique de la Loire".
Ce document rappelle également l'enjeu économique du chantier, au-delà du développement territorial que doit générer cette autoroute reliant Lyon à Saint-Etienne : un investissement d'1,2 milliard d'euros, 5 ans de travail et des retombées économiques pour les entreprises locales.
Lobbying
Depuis une semaine, les manifestations et les opérations de lobbying se multiplient. Objectif : pousser les collectivités locales à mettre sur la table 422,5 millions d'euros, soit 50% de la subvention d'équilibre réclamée par le concessionnaire pressenti. L'autre moitié serait apportée par l'Etat, à condition que Saint-Etienne Métropole et le Département proposent un plan de financement bien ficelé d'ici fin avril. Ces deux collectivités s'étaient en effet engagées à trouver les contreparties financières.
Plusieurs collectivités devraient venir soutenir leur démarche. La Région d'abord, avec les 144 millions d'euros promis par Laurent Wauquiez pendant sa campagne (chiffre tombé désormais à 100 millions). Cette subvention devrait d'ailleurs être largement discutée ce jeudi 17 mars lors du débat d'orientation budgétaire. Loire Forez a annoncé également qu'elle mettrait au pot. Le département de la Haute-Loire devrait aussi s'associer à l'effort. Toutes ces contributions viendraient ainsi alléger celles de l'agglomération stéphanoise et du Département.
Un appel aux dons?
Nos confrères des Echos évoquaient en début de semaine une initiative de la CCI métropolitaine pour collecter les dons des entreprises. Portée par André Mounier, président de la délégation stéphanoise de la CCI, cette idée a bien été évoquée et discutée. Elle visait la constitution d'une fondation hébergée avec possibilité d'abonder, pour les entreprises et le grand public, via des dons dont une partie serait défiscalisable. Si quelques entreprises locales ont effectivement répondu positivement à cet appel du pied, notamment l'entreprise SNF à Andrézieux-Bouthéon qui a confié au Journal des Entreprises être prête à injecter 200.000€ dans l'opération, cette idée est pour l'instant mise en sommeil. " Nous avons tout préparé, nous pourrons éventuellement appuyer sur le bouton mais nous attendons de voir ce que décident nos élus. Après tout, s'ils y arrivent sans nous, c'est mieux !" explique André Mounier, affirmant que 20 à 30 millions d'euros pourraient être collectés via ce système.
"Cette idée ne fait pas l'unanimité parmi les entreprises. Nous sommes déjà suffisamment taxées ! Pourquoi les entreprises devraient payer cette infrastructure publique qu'elles vont déjà financer via les impôts, puis via les péages?", s'interroge Eric Le Jaouen, président du Medef Loire.
Mise en stand-by pour l'instant, cette idée de fondation pourrait néanmoins renaître si le compte final n'y était pas.