À Lestrem, Roquette va démarrer dans quelques jours son unité de production industrielle de résines végétales (Gaïalène) d'une capacité de 25.000T/an. «Nous avons lancé ces résines, destinées aux marchés des emballages rigides et des films plastiques, à l'occasion du salon international K'2000, le grand rendez-vous de l'industrie plastique qui se tenait à Dusseldorf en octobre2010», expliquait Michel Serpelloni lors de la journée consacrée aux produits biosourcés et organisée par le pôle Maud le 12mai à Arras.
Une voie pour remplacer les plastiques pétroliers
Le gaïalène a également été récompensé à l'occasion du salon «Biowerkstoff» de Francfort. «Ces résines utilisent des ressources naturelles locales, sans OGM et permettent de remplacer les plastiques pétroliers», y soulignait le nouveau directeur de la prospective scientifique et technologique au sein de laquelle travaille une trentaine de collaborateurs. Le bioraffineur commercialise également de l'isosorbide produit dans ses installations de Lestrem d'une capacité de production de 5.000T/an. L'isosorbide, solution biosourcée et non toxique, permet d'offrir des produits de substitution aux phtalates qui, comme les parabènes et les alkylphénols, sont des substances chimiques considérées comme perturbateurs endocriniens. La société Gerflor vient d'ailleurs de commercialiser une gamme de revêtement de sol en PVC sans phtalates à base d'isosorbide.
Une usine d'acide succinique en Italie
Le quatrième producteur mondial d'amidon et de ses dérivés vient enfin d'annoncer la construction d'une usine d'acide succinique obtenue par voie biosourcée dans son usine implantée dans le Piemont italien en collaboration avec DSM, son partenaire hollandais depuis 2008 dans ce projet. Reverdia, cette nouvelle co-entreprise créée par Roquette et DSM en mai2011 offrira ainsi une alternative aux composants chimiques issus du pétrole. D'une capacité de 10.000T/an, cette unité sera la plus importante unité de production d'acide succinique biosourcé d'Europe. Elle devrait être mise en service au deuxième semestre 2012. Le montant de l'investissement n'a pas été révélé par le groupe. Le procédé de fermentation utilisé fonctionne à un pH beaucoup plus faible que les procédés concurrents (notamment Bioamber) et permet une production d'acide succinique avec une efficacité énergétique supérieure de 40% par rapport aux méthodes traditionnelles.
Innover encore
«Chaque jour qui passe nous confirme le bien-fondé de notre stratégie de développement qui s'appuie sur la nutrition santé et la chimie du végétal. Ce sont deux axes forts en innovation ouverte, c'est-à-dire menés avec des partenaires extérieurs parallèlement à nos travaux menés sur l'amidon et ses dérivés que nous réalisons en interne», soulignait tout récemment Christophe Rupp-Dahlem, directeur des programmes «Chimie du Végétal» chez Roquette.