Roanne Gastronomie : Six mois de sursis ?
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Roanne Gastronomie : Six mois de sursis ?

Méditerranéenne de Salaisons vient de reprendre Roanne Gastronomie. Le petit groupe spécialisé dans la charcuterie se donne six mois pour remettre la société de Briennon sur les bons rails.

Spécialisée dans la charcuterie, La Méditerranéenne de Salaisons poursuit son développement par croissance externe. Après l'acquisition en 2003 de l'entreprise Boizet à Saint-Nizier-sous-Charlieu, le groupe a décidé d'amorcer une diversification en reprenant, à la barre du tribunal de commerce, la société de Briennon, Roanne Gastronomie. «Nous avons été contactés en tant que voisin par Patrick Raulet, l'ancien dirigeant de Roanne Gastronomie. C'est cette proximité qui a fait que l'on s'est senti concerné», explique Bruno Lemaîstre, co-dirigeant de La Méditerranéenne de Salaisons.




500.000€ de pertes par an

Associée dans cette reprise aux sociétés Eurexia à Saint-Chamond (40%), Rodis à Roanne (10%) et à l'industriel breton Christian Guyader (10%), La Méditerranéenne de Salaison a pris le pari de redresser le spécialiste des terrines de poissons et autres plats cuisinés sous vide. En liquidation judiciaire depuis juillet, Roanne Gastronomie enregistre depuis trois ans des pertes «de l'ordre de 500.000€ par an», confie Bruno Lemaîstre. Un montant quasi abyssal pour une entreprise qui réalise 1,5M€ de chiffre d'affaires annuel. Pour remettre Roanne Gastronomie sur de bons rails, La Méditerranéenne de Salaisons, qui a repris seulement 10 des 22 salariés de l'entreprise, a sa stratégie. «Nous allons simplifier et rationaliser l'offre pour avoir une approche plus industrielle des fabrications. Nous disposons d'un savoir-faire reconnu dans la cuisson sous-vide à basse température et d'un process qui donne d'excellents résultats en terme de goût. Le problème, c'est que cette entreprise fonctionne aujourd'hui comme une cuisine de restaurant», développe Bruno Lemaîstre, qui prévoit d'investir 100.000€ d'ici à la fin de l'année pour industrialiser le process de fabrication.




Élargir la clientèle

Parallèlement à cela, le dirigeant entend bien mettre en place des synergies avec les autres actionnaires de Roanne Gastronomie pour développer sa clientèle. «Aujourd'hui, Casino représente 50% du CA de Roanne Gastronomie. L'objectif va être de s'appuyer sur Eurexia, qui a ses entrées dans la grande distribution, pour élargir notre portefeuille clients. Nous envisageons aussi de développer de la sous-traitance pour des confrères. Je pense notamment au groupe Guyader. Ce qui nous permettrait de lisser notre activité sur toute l'année. Aujourd'hui, nous réalisons trois fois plus de CA sur la fin de l'année que sur le reste de l'année», argumente Bruno Lemaîstre. Et de poursuivre: «Nous pourrions par exemple faire des plats cuisinés sous vide en halal et casher». Si les pistes de diversification en sous-traitance ne manquent pas, La Méditerranéenne de Salaisons se donne six mois pour redresser l'entreprise. «Entre le rachat des actifs, le rachat des murs, programmé d'ici à la fin de l'année, et l'enveloppe dédiée aux investissements, nous misons au global 500.000€. Avec ça, il faut que l'on réussisse. Nous ne mettrons pas 500.000€ de plus si l'entreprise continue d'enregistrer des pertes. Nous ne déposerons pas le bilan, nous fermerons proprement en assumant nos engagements avec nos clients et fournisseurs et en essayant de trouver un repreneur pour l'usine», confie Bruno Lemaîstre.

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