Laqueuse 10. Cette nouvelle machine, acquise il y a quelques semaines pour 1,5M€, représente l'aboutissement de trois ans de travail mais surtout le début d'une nouvelle stratégie d'entreprise chez Rexor. «C'est un projet porteur, un investissement pour affronter l'avenir, affirme Valérie Robin, directrice technique de cette société de films et fils métalloplastiques. Nous avons sollicité une subvention Oseo et un investissement de Jindal, notre maison mère. On l'a cherché avec les dents!» Et il est vrai qu'un tel investissement n'était pas évident. Créée en 1954, Rexor a connu «plusieurs virages», selon sa P-dg, Corinne Heiter, nommée en décembre. «Nous abordons aujourd'hui de nouveaux marchés, comme celui des économies d'énergie, avec des produits de plus en plus techniques et spécialisés, et abandonnons le ?mass market?. Pour fabriquer en France, le coût de la main-d'oeuvre doit être de la valeur ajoutée.» Rexor a donc su innover au fil des ans, mais a tout de même subi la crise de plein fouet. De 28M€ en 2008, le chiffre d'affaires a chuté à 18M€ en 2009 pour remonter à 20M€ en 2010. Un plan de licenciement, le premier de l'histoire de Rexor, a vu le départ de treize personnes. «En terme de masse salariale, ça ne passait plus. La période était difficile, mais nous avons été obligés d'effectuer ces licenciements, à contrecoeur», explique Valérie Robin. L'arrivée de la laqueuse représente donc un outil de remotivation pour les équipes. «Nos salariés sont fiers de travailler sur une machine électronique qui fait de l'héliogravure directe sans solvant sur des supports aussi fins que six à 250microns pour le plastique PET, neuf microns pour l'aluminium et 40à 300g pour les papiers. Après un temps de prise en main, il faut maintenant concrétiser les marchés.» Car au-delà des performances techniques, cette machine anticipe de futurs développements et entraîne des changements de toute la vision d'entreprise. «Dorénavant, nous partons de la fonction pour approcher de nouveaux marchés. Nous devons amener nos clients à se rapprocher de leurs besoins, à rêver!», s'enthousiasme Valérie Robin.
Des applications hétéroclites
Auparavant, Rexor se présentait sous ses quatre métiers: la métallisation; l'enduction et le complexage; la découpe; la formulation de colles et vernis. Elle se réorganise aujourd'hui par ses activités fonctionnelles. La société compte trois applications packaging. Elle fabrique des bandes d'arrachages pour faciliter l'ouverture des emballages, de type portions de fromage fondu ou coiffe de champagne. Ce secteur représente 32% de son chiffre d'affaires. Sa gamme de packagings sensoriels, utilisés par exemple en parfumerie ou spiritueux, permet la valorisation des emballages par des effets de couleurs ou un toucher particulier. Rexor a dernièrement mis au point le BlueLake transfer, un système créant des produits finis plus légers et recyclables. Troisième application: le packaging actif. Il s'agit là d'emballages de conservation des aliments. Ces deux applications représentent 28% du chiffre d'affaires. Rexor réalise les 40% restants de son chiffre d'affaires avec quatre applications techniques. La lutte contre la contrefaçon se fait grâce à des fils, étiquettes et autres techniques d'identification insérés par exemple dans les billets de banque, les passeports, la maroquinerie de luxe,etc. Dans le domaine de la décoration, Rexor propose des matières souples à effets métalliques pour les miroirs, textiles,flexibles de douche... Pour les marchés d'économie d'énergie, qualifiés par Corinne Heiter de «pérennes et porteurs, devant amener plus de rentabilité», la société fournit des films d'isolation. Ainsi, on retrouve les produits Rexor dans l'accélérateur de particules du CERN de Genève, sur les satellites, à l'arrière des panneaux solaires,etc. Dernier domaine d'application: la protection de la personne. Rexor produit des couvertures de survie et participe à des sols intelligents, capables de détecter la chute d'une personne, par exemple en maison de retraite.
Accent sur l'innovation
Cette restructuration autour de la fonction découle notamment du programme Appic, Amélioration du processus participatif d'innovation de conception. Financé à 70% par la Région, il permet treize mois d'accompagnement personnalisé dans la démarche d'innovation. «Grâce à l'Appic, nous avons maintenant une idée claire de la stratégie. Cela entraîne des changements dans la présentation de l'entreprise, des outils commerciaux dans un premier temps puis du site internet. Il doit nous amener des clients potentiels,» estime Valérie Robin. De la même manière, le logo, qui n'a pas changé depuis 1954, évoluera en 2011. «La charte graphique et le slogan de Rexor seront aussi refaits. Il nous faut maintenant parler de l'entreprise, de ses fonctions et de son esprit. Nous avons beaucoup de projets et d'ambitions pour 2011. C'est un nouveau Rexor qui débute!»
Rexor
(Paladru) P-dg: Corinne Heiter 110 personnes CA 2010: 20M€ Présent dans 40 pays 04 76 32 61 00 www.rexor.com